Faire son devoir
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Re: Faire son devoir ─ Mar 5 Juin - 17:28
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“C'est vraiment magnifique! C'est un lieu de prière idéal, lumineux, calme…”

Ysomir aimait ce temple. Il l’aimait car c’est son père qui l’avait fait rénové, lorsqu’il était enfant. Il ne lui restait que de vagues souvenirs de celui ci avant sa rénovation : des vitraux brisés, des bancs abîmés et des murs qui s’effritent.
Depuis sa reconstruction, le grand temple était l’une des fiertés architecturale de la cité. Inspiré du palais, ses murs étaient encore plus haut, le sommet dépassant d’ailleurs les remparts.

“Je dois bien avouer que je ne viens que très peu en ces murs pour prier. Et pourtant, il est vrai que c’est un cadre idéal pour cela.
J’ai toujours préféré prier dehors, sous le ciel bleu. Seul. Isolé. Je suis certain que vous parviendrez à rassembler les foules ici même mademoiselle.”


Il offrira un petit sourire en coin aux deux jeunes femmes qui les observent. Il est habitué aux messes basses de la noblesse, et il s’en amuse.

Finalement, il se retourne vers sa comparse du Trimurti; s’inclinant légèrement.

“Puis-je avoir le plaisir de vous guider jusqu’aux appartement que je vous ai fait préparer ? Je me doute que vous n’attendez pas temps. Mais j’aime gâter mes gens. Vous êtes l’une des personnes les plus importante de la cité désormais.”

Si la demoiselle accepte sa proposition, il la guidera donc de nouveau au travers des jardins, pour retourner dans les couloirs frais et apaisant du palais. Une fois l’un des escaliers en colimaçon grimpé, il déboucheront sur le couloir du deuxième étage, remplit à droite comme à gauche, de plusieurs portes.
Ysomir aimait ce palais, il en aimait les couloirs, les tableaux, les rideaux, les tapis. Il avait grandi ici, avait parcouru les dalles du sol en courant lorsqu’il était enfant. Il s’était battu avec son frère un peu partout, il s’était fait gronder par ses parents, ou par sa gouvernante.
Chaque recoin de la bâtisse lui rappelait un souvenir. Vingt-neuf ans qu’il vivait ici. Il était né en ces murs, un été. L’été le plus chaud que l’archipel n’avait jamais connu.
Cet étage, c’est celui qui comportait les appartements les plus grands et “prestigieux”, en dehors de ceux du baron évidemment. Ysomir les connaissait bien, ceux qu’allait occuper la jeune prêtresse était tout juste adjacent à la chambre qu’il occupait avant son accession au titre.
Tout en continuant d’avancer dans ce couloir, il désigne l’une des portes que le duo dépasse.


“Mon enfance, je l’ai passée dans ces appartements, juste ici. Ceux que je vous ai fait préparés sont ceux de l’ancien clerc d’Aquila. Ils sont à l’angle du Palais, et offre ainsi une vue presque complète sur la mer, et sur les côtes d’Aragon, au loin. Ils sont à vous, alors faites en ce que vous voulez. Il suffit de me demander pour un quelconque meuble.. ou que sais-je.. des plantes ?”

Poussant finalement la porte à droite, tout au fond du couloir, il lui fait signe d’entrer.
L’intérieur, se révèle très lumineux et spacieux. Bien que tamisée par de nombreux rideaux pourpres, les nombreuses ouvertures vitrées laissent la lumière du soleil envahir la pièce sans qu’il n’y fasse trop chaud. Au sol, divers tapis recouvrent les dalles, tandis que sur les murs, la décoration est similaire au reste du palais : tenture, tissus pendant, et même la peinture d’une trière valarienne fendant les vagues.
Un grand lit occupe un coin des appartements, tandis que l’autre, séparée du reste par un paravent, est décorée par un imposant bureau de bois, ainsi qu’une table basse entourée de plusieurs coussins colorés.
Évidemment, l’une des extrémités de l’appartement, qui prend une forme de “L”, est une ouverture sur le balcon ombragé et généreusement fleuri qui longe les fenêtres.
Ce balcon, il offre une vue littéralement sublime sur la mer entourant l’île. Situé à l’avant dernier étage du palais, l’appartement se trouve tout juste au dessus des murailles, les surplombant suffisamment pour voir se dessiner le bleu de l’étendue plates, et voir au loin se dessiner les côtes aragonaises.


Le baron connaissait bien cette vue, puisqu’il avait presque la même, juste un étage au dessus. Il préférait se percher sur les remparts plutôt que de ses appartements privés.. mais la beauté du panorama n’était pas à remettre en question.

Le baron laisse ses lèvres s’orner d’un fin sourire. Il sait que sa comparse est une renonçante, et il se doute que c’est peut être un peu trop ostentatoire. Mais il la laissera agencer le tout comme elle le souhaitera.

“Alors, qu’en dites vous ? Une fois redécoré à votre manière, pourriez vous vous y sentir chez vous ?”
Re: Faire son devoir ─ Jeu 7 Juin - 19:32
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“Puis-je avoir le plaisir de vous guider jusqu’aux appartement que je vous ai fait préparer ? Je me doute que vous n’attendez pas temps. Mais j’aime gâter mes gens. Vous êtes l’une des personnes les plus importante de la cité désormais.”

Anastasie était mal à l'aise. Elle était loin de se considérer comme une personne importante, c'était plutôt le contraire. Elle n'était qu'une prêtresse bien décidée à aider les autres de son mieux et sans autre responsabilité que celle d'éveiller et maintenir leur foi pour le Trimurti. Les soutenir dans leur vie, les accompagner lors de leur mort, là où rien d'autre que l'âme ou le karma n'a d'importance...

Elle accepta néanmoins très poliment la proposition. Le baron avait probablement mieux à faire que lui servir de guide, il serait impoli d'abuser de sa présence et elle était de toute façon curieuse de voir ce qu'il entendait par "gâter ses gens". Après tout, il avait peut-être réfléchi à ce qui conviendrait le mieux à un prêtre de Tamas, et peut-être que la prêtresse adorerait ce qu'il avait pensé à lui attribuer.

Le trajet de retour au palais fut sensiblement semblable à l'aller, toujours aussi chaud et tranquille à la fois. Anastasie était loin de s'y faire, mais elle avait au moins la délicatesse de ne pas trop s'en plaindre auprès de son hôte qui n'y pouvait rien et était, de plus, probablement ravi du climat. Une fois arrivé dans le palais il montèrent un escalier, au grand désespoir de la prêtresse. Elle n'avait rien contre ce genre d'aménagement en règle générale mais il s'avérait qu'elle n'en pouvait plus de grimper. Quand ils parvinrent dans un couloir elle entreprit d'abord de compter les portes pour essayer de se rappeler de la sienne, si jamais elle dormait effectivement par ici. On sentait déjà, en regardant les portes et les décorations, qu'il s'agissait d'un endroit vraiment... Classe. Rideaux, tentures, tableaux, tapis... Tout méritait d'être vu et admiré, si bien qu'Ana perdit le compte des portes et se contenta de suivre le baron qui avançait ici avec aisance. Il désigna l'une des portes.

“Mon enfance, je l’ai passée dans ces appartements, juste ici. Ceux que je vous ai fait préparés sont ceux de l’ancien Clerc d’Aquila. Ils sont à l’angle du Palais, et offre ainsi une vue presque complète sur la mer, et sur les côtes d’Aragon, au loin. Ils sont à vous, alors faites en ce que vous voulez. Il suffit de me demander pour un quelconque meuble.. ou que sais-je.. des plantes ?”

Comme si Anastasie allait réclamer des meubles ! Un lit, une armoire, un bureau et tout irait pour le mieux ! Elle n'aurait probablement pas besoin de cheminée par ici.

 - Je vous remercie, Seigneur, mais le plus simple me suffit amplement,
dit-elle simplement en inclinant légèrement la tête.  

Le point positif évident, c'était qu'ils étaient au bout du couloir. Pas besoin d'une trop grande mémoire, pas de risque de se tromper de chambre et de déranger qui que ce soit. Le baron poussa la porte et fit signe à la demoiselle d'entrer. Bien évidemment une petite curieuse comme elle ne se fit pas prier, elle entra dans la pièce encore inconnue.

Tout était très joli. C'était lumineux sans être trop chaud, les tissus et le tableau étaient magnifiques, les coussins, les meubles... Anastasie trouvait le tout très harmonieux et magnifiques mais... Gênant. Elle se sentait mal à l'aise, ce n'était pas vraiment ce à quoi elle avait l'habitude ni ce qu'elle avait imaginé. C'était très bien mais c'était... Trop. Et comme elle était une fille polie, elle ne voyait strictement aucun moyen de le dire à son hôte.

“Alors, qu’en dites vous ? Une fois redécoré à votre manière, pourriez vous vous y sentir chez vous ?”


Et évidemment son hôte lui demandait son avis. Mais comment se considérer comme renonçant si on craignait de rayer le moindre morceau de bois parce qu'il semble valoir plus qu'un village, alors qu'il faudrait s'en moquer éperdument, comme de toute possession ?

 - C'est vraiment très beau,
commenta-t-elle sobrement. Elle ne mentait pas, mais elle ne parvenait pas non plus à cacher sa gêne malgré ses tentatives pour y parvenir. Je suis touchée par ce choix de votre part, et je vous remercie de l'estime que vous portez à ma fonction...

Mais. Il y avait forcément un "mais" qui devrait arriver suite à cela mais rien du tout.  Elle se serait sentie bien plus à l'aise dans un cagibi, et elle ne put s'empêcher de se rappeler ses trois frères et deux soeurs dans la maisonette de ses parents avant son noviciat. Si on lui avait dit que quelqu'un considérerait une chambre aussi élégante comme convenable pour elle... Elle n'y aurait pas cru.
Elle commença à marcher un peu dans la pièce pour la voir en entier, sous différents angles. Il faudrait bien qu'elle s'y fasse. Ses affaires étaient déjà là.[/b]


Re: Faire son devoir ─ Ven 8 Juin - 14:19
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“Je vous remercie, Seigneur, mais le plus simple me suffit amplement.”

Il s’en était douté, et s’il avait su que l’on comptait lui envoyer une renonçante.. il aurait fait préparer les appartements en conséquences.
L’ancien Clerc, aussi bon et loyal était-il, était bien loin d’être aussi humble qu’Anastasie, c’est une certitude. C’est lui qui avait aménagé ces appartements selon ces goûts, et il fallait bien avouer que rien que les tenue de lins simplistes de la demoiselle tranchait avec cette décoration luxueuse.

Ysomir sentait espérait que cela ferait plaisir à son invitée que de se voir ainsi gâtée, mais il commençait à en douter. Et il espérait qu’elle ne prendrait pas la proposition de ces appartements comme une offense.

Il observa Ana parcourir les appartements pour en découvrir les recoins. Il s’amusait de la façon qu’elle avait de tout observer, de sembler tout admirer en chaque instant.


“ C'est vraiment très beau. Je suis touchée par ce choix de votre part, et je vous remercie de l'estime que vous portez à ma fonction…”


Ce petit silence, cette petite hésitation dans la voix, ce petit pincement de lèvres qui voulait tout dire : Elle était gênée.
Mais il ne s’agissait pas du genre de gène avec qui Ysomir aimait jouer un peu, pour taquiner, pour s’amuser. Non. Il s’agissait d’une réelle gène, une gène dissimulée et n’osant pas se montrer.
Anastasie n’avait rien dit, mais son corps avait parlé pour elle.

“Vous n’aimez pas.. j’en suis navré très chère. Ne vous inquiétez pas, je n’en suis aucunement vexé. Et à vrai dire.. j’aurai refait une décoration plus sobre si j’avais su que je recevrais une disciple de Tamas. Nous allons revoir tout ces appartements en fonction de ce qui vous plaira et vous mettra à l’aise d’accord ? Je vous prie d’accepter cela, je veux que vous vous sentiez… chez vous.”

Il s’incline dans sa direction, pour appuyer sa demande, respectueux et compréhensif.
Ce n’est pas parce qu’elle était renonçante qu’elle devait tout supporter. Elle aller jouer un rôle crucial pour le domaine, alors Ysomir voulais vraiment qu’elle se sente chez elle, après tout, elle avait déjà été tirée de son foyer, pour une mission dont elle ignorait tout, en des terres inconnus.

Il se redressa, posant de nouveau son regard sur la demoiselle morte de chaud, un fin et doux sourire aux lèvres.

“Vous allez déjà souffrir du passage de la neige au soleil aride, alors le moins que je puisse faire c’est vous permettre de vous sentir bien chez vous non ?”

Ponctuant sa phrase par un léger rire respectueux, il s’avance vers Ana, avant de se diriger vers le grand balcon, s’accoudant à la rambarde pour observer l’océan.

“Je pourrais passer des heures à observer la mer.. des heures à contempler tout le faubourg coincé entre la mer, les falaises, et les cultures des muriers à soie. Vu d’ici, j’ai du mal à me rendre compte que je suis responsable de tous ces gens.”

Il laisse un silence s’installer durant de longue secondes, avant de reprendre.

“C’est Aragon que l’on voit au loin, et la cité de Myrrhe. J’ai reçu une missive de la comtesse Soléane, elle ne devrait pas tarder à nous rendre visite. C’est pour cela que je suis d’autant plus heureux de vous voir arriver si tôt. Je vais avoir le temps d’échanger avec vous avant que nous nous retrouvions face à elle et son jumeau.”

Il pivote sur lui même, pour pouvoir de nouveau observer son interlocutrice. Un sourire se dessine sur ses lèvres, à la fois doux et confiant.

“Ensemble, nous ferons de ce domaine un lieu encore plus sûr et paisible, j’en suis intimement persuadé.”
Re: Faire son devoir ─ Sam 9 Juin - 20:40
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“Vous n’aimez pas.. j’en suis navré très chère. Ne vous inquiétez pas, je n’en suis aucunement vexé. Et à vrai dire.. j’aurai refait une décoration plus sobre si j’avais su que je recevrais une disciple de Tamas. Nous allons revoir tout ces appartements en fonction de ce qui vous plaira et vous mettra à l’aise d’accord ? Je vous prie d’accepter cela, je veux que vous vous sentiez… chez vous.”

Anastasie avait légèrement paniqué. Elle avait senti son coeur battre plus vite un instant, lorsqu'il avait compris. Elle ne voulait pas lui causer de tracas ni de travail supplémentaire, et même si la chambre ne l'enthousiasmait pas vraiment elle pouvait s'y faire...
Mais le baron était visiblement un homme attentionné, et il ne semblait pas mentir quand il disait se soucier du bien-être de la prêtresse. Elle lui offrit un sourire encore un peu plus gêné, elle attrapa son poignet droit de sa main gauche.

- Je ne saurais comment vous remercier de votre bonté, Seigneur...

Mais le voilà déjà qui s'inclinait vers elle... La demoiselle avait le rouge aux joues, et il était peu probable que cela cesse un jour. Non, vraiment, le baron qui s'abaissait devant elle, même juste un peu... Comment ne pas être gêné ? Quand il se redressa il souriait.

“Vous allez déjà souffrir du passage de la neige au soleil aride, alors le moins que je puisse faire c’est vous permettre de vous sentir bien chez vous non ?”


La prêtresse était mal à l'aise à l'idée de répondre directement et sincèrement à la question. Elle était profondément et de plus en plus reconnaissante au baron pour tout ce qu'il proposait de faire pour elle, et ne savait plus vraiment comment le lui montrer. Plus que reconnaissante, elle se sentait même redevable sans savoir que faire pour arranger la situation...

- Je vous l'ai dit, la neige ne me manquera probablement pas longtemps !
dit-elle sur un ton léger, répondant au rire du baron.

Le seigneur s'avança vers elle, avant de la dépasser pour s'approcher vers un très beau et grand balcon. La prêtresse se tourna vers lui et le suivit. Elle n'avait pas encore vraiment eu le temps de se pencher sur la vue qu'offrait le lieu. Un léger vent fit bouger les rideaux et les cheveux décoiffés d'Anastasie tandis qu'elle posait ses mains sur le garde-fou.

“Je pourrais passer des heures à observer la mer.. des heures à contempler tout le faubourg coincé entre la mer, les falaises, et les cultures des muriers à soie. Vu d’ici, j’ai du mal à me rendre compte que je suis responsable de tous ces gens.”

- C'est la troisième fois de ma vie que je vois la mer,
répondit Ana sans lâcher des yeux le paysage.

Elle aurait pu parler de cette responsabilité qu'elle partageait dans un sens. Responsabilité des âmes, devoir de les guider de son mieux selon les enseignements de la foi... Mais elle sentait qu'il n'était pas l'heure des discussions trop sérieuses. En tout cas, elle n'en avait pas envie.

“C’est Aragon que l’on voit au loin, et la cité de Myrrhe. J’ai reçu une missive de la comtesse Soléane, elle ne devrait pas tarder à nous rendre visite. C’est pour cela que je suis d’autant plus heureux de vous voir arriver si tôt. Je vais avoir le temps d’échanger avec vous avant que nous nous retrouvions face à elle et son jumeau.”

Le baron souhaitait échanger avec elle avant de rencontrer la comtesse et son frère? Anastasie se demandait pourquoi. Elle ne les connaissait pas et n'avait d'ailleurs qu'à peine entendu leur nom jusque là. Elle venait de loin, il était normal qu'elle ne connaisse pas grand chose de la politique du domaine. Mais si le baron souhaitait s'entretenir avec elle, peu importe le sujet elle serait à sa disposition. Il se tourna vers elle, toujours souriant. Il donnait vraiment envie de faire confiance, il avait l'air d'un homme très doux... Anastasie restait gênée parce qu'elle était timide voilà tout.

“Ensemble, nous ferons de ce domaine un lieu encore plus sûr et paisible, j’en suis intimement persuadé.”

- Je ferai tout pour vous épauler dans cette tâche, Seigneur. Attendez-vous quelque chose de moi en particulier ?

Le comte de Terresang lui avait confié l'éducation des siens, peut-être que le baron de Valacar attendait autre chose. Ana était plus douée en médecine qu'en instruction mais elle avait à coeur de toujours rendre service de son mieux. Après avoir posé sa question, Ana reporta son attention sur la vue magnifique. Voilà qui changeait des montagnes et des bois auxquels elle était habituée jusque là.
Malgré la chaleur la ville semblait bel et bien vivante, en particulier aux alentours du port. Cette vue large de la cité donnait à Ana l'envie de visiter... Peut-être le lendemain, si elle n'avait rien d'autre à faire ? Ou le soir, si elle était reposée? Il faudrait d'abord qu'elle prie...
Ana reporta son attention vers le baron, souriant doucement elle aussi. Elle était heureuse de voir qu'il semblait de bonne humeur. Les postes à responsabilité n'étaient pas souvent pourvus par des gens heureux. Ni même joyeux.


Re: Faire son devoir ─ Dim 10 Juin - 11:14
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“Je ferai tout pour vous épauler dans cette tâche, Seigneur. Attendez-vous quelque chose de moi en particulier ? “


Le soutien de la demoiselle n’accentua que davantage le sourire du baron qui trouvait d’ailleurs touchant la façon dont elle se sentait gênée mais reconnaissante de tout ce qu’il lui offrait.

“Pour l’instant ? Rien. Je veux que vous appreniez à vous sentir chez vous, que vous découvriez à votre façon la vie en Valacar. Une fois que j’aurai quitté cette chambre, je vous laisserai tranquille, et je me tiendrais à votre disposition pour la moindre question. Je compte simplement sur vous pour faire parvenir à mes suivants, ce que vous aimeriez pour ces appartements.”

Finalement, lui aussi retourna à la contemplation du panorama. La mer profonde, le ciel clair, séparés uniquement, au loin, par la côte d’Aragon. Certaines rumeurs disaient que depuis celle ci, les murs blancs de la citadelle d’Aquila reflétaient les rayons de l’Aube et que la cité paraissait comme un lointain joyau brillant, dressé au milieu des eaux.

Le baron aimait cette vue. Cette vue tournée vers le lointain, tournée vers le bleu mélangé de la mer et du ciel, parsemée de quelques rares nuages clairs et légers. Pourtant, l’autre côté du palais donnait sur l’intérieur de l’île d’Aquila, tout aussi plaisant à regarder. Une île laissée sauvage, et qui, au delà  des cultures des mûriers à soie, se trouvait être très escarpée et luxuriante, parsemée de nombreuses cascades et ruisseaux découpant les roches et traversant les bosquet.

“Je veux que vous preniez tout le temps nécessaire pour appréhender cette nouvelle affectation, ce nouveau rôle, ce nouveau domaine. Je sais que la chaleur est acablante pour les nordiens, alors si vous sortez, gardez les cheveux humides, c’est une méthode courante et efficace, vous verrez. Si vous souhaitez une escorte ou un accompagnateur pour vous faire visiter l’île, pour vous montrer les cultures de vers à soie, et tout ce qui fait de Valacar un lieu unique, n’hésitez surtout pas. En dehors de cela, je pense qu’en tant que disciple de Tamas, vous pourriez m’être d’une grande aide en cas de blessure. Les duels ne sont pas toujours simple et sans erreurs, alors vous savoir au service d’Aquila et de nos dieux ne me rassure que davantage. Vous êtes libre mademoiselle, et vous êtes ici chez vous.”


Il lui offre un dernier sourire en s’inclinant une nouvelle fois, légèrement.

“Je ne souhaite pas vous déranger plus longtemps, prenez votre temps, et n’hésitez pas si vous avez besoin de quoi que ce soit.”


Il attendra quelques instants, pour être sûr qu’elle n’a aucune autre question à son égard, sans quoi il se dirigera vers la sortie et laissera enfin respirer la pauvre nordiennes qui ne s’est pas arrêté depuis son arrivée au port.
En sortant, le baron croise dans le couloir l’une des domestiques du palais, à qui il offre un calme sourire.

“Veillez à ce que notre nouvelle invitée ne manque de rien.”


“Bien, seigneur Valacar, j’y veillerai.”


Fatigué, le baron grimpera un nouvel étage pour se rendre dans ses propres appartement, devant qui se trouve un gardien de l’Aube qui lui ouvrira la porte. Une fois seul, c’est son armure qu’il commencera à retirer avec soin. Bien que légère et aérée, celle ci est assez épaisse pour arrêter les armes tranchantes, mais donc, assez épaisse pour tenir trop chaud en une telle journée.
Re: Faire son devoir ─ Dim 10 Juin - 21:04
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“Pour l’instant ? Rien. Je veux que vous appreniez à vous sentir chez vous, que vous découvriez à votre façon la vie en Valacar. Une fois que j’aurai quitté cette chambre, je vous laisserai tranquille, et je me tiendrais à votre disposition pour la moindre question. Je compte simplement sur vous pour faire parvenir à mes suivants, ce que vous aimeriez pour ces appartements.”

Découvrir la vie en Valacar... Anastasie y comptait bien ! Effectivement elle avait abandonné en partie sa vie dans le Nord sans véritable espoir de retour... Certaines choses, certaines personnes surtout, allaient lui manquer c'était inévitable. Mais la prêtresse était d'un naturel curieux et enthousiaste, elle avait envie de se plaire ici et de découvrir tout ce qu'il pouvait y avoir à  savoir sur l'endroit. Elle avait envie de rencontrer des gens d'ici, de leur rendre service de son mieux, de les intéresser aux dieux comme elle le pourrait. La tenue d'un temple, ses devoirs de prêtresse de Tamas et la prière étaient primordiaux mais défendre des valeurs de générosité et d'attention envers son prochain ne pouvait pas se faire en étant enfermée seule entre quatre murs.

Le baron lui présenta quelques conseils et quelques propositions, notamment celle de prendre un guide qui retint l'attention de la prêtresse. Ce pourrait être une bonne idée oui... Mais une escorte, quelle idée! Ana, malgré toutes mauvaises aventures qu'elle avait pu vivre, ne s'imaginait pas avoir avec elle quelqu'un qui n'aurait pas envie de cette présence et dont l'unique but serait de la surveiller ou la protéger. Elle était néanmoins touchée que le baron s'inquiète pour elle au point de faire mention de cette possibilité. Quand il parla de son soulagement de savoir une disciple de Tamas à ses côtés elle acquieça avec un large sourire.

 - Si vous avez besoin de moi n'hésitez pas,
dit-elle sobrement.  

Le baron lui semblait être un homme charmant et l'idée qu'il se blesse n'avait rien d'agréable. Néanmoins Ana savait soigner, elle l'avait prouvé à de nombreuses reprises et notamment durant la guerre de Durdinis. Elle saurait se montrer utile en cas de besoin, le seigneur des lieux n'avait pas à s'en faire pour ça. Ce dernier s'inclina légèrement en direction de la prêtresse gênée qui lui rendit son salut avec déférence.

“Je ne souhaite pas vous déranger plus longtemps, prenez votre temps, et n’hésitez pas si vous avez besoin de quoi que ce soit.”

 -Vous ne me dérangez pas n'ayez crainte,
dit-elle même si le repos et l'intimité lui faisaient grandement envie. De la même manière, si je peux vous être utile en quoi que ce soit n'hésitez pas Seigneur, peu importe l'heure.

Après un moment assez court mais assez gênant de silence durant lequel chacun semblait jauger son interlocuteur pour savoir s'il allait ajouter quelque chose, le baron se retira et laissa la prêtresse seule. Celle-ci était finalement trop épuisée pour retourner au temple mais ça ne l'empêcha pas de prier, bien évidemment. Elle n'oublia pas de recommander le baron aux dieux et de louer sa bonté: il était important pour elle de mettre en lumière ce qui avait été fait de bon.
La fatigue la rattrapa vite, et même si le soir n'était pas encore là elle s'endormit comme une masse sur son lit dès qu'elle s'y fut glissée. Il faudrait qu'elle s'habitue à la chaleur, mais le dénivelé n'était au fond pas beaucoup plus important que celui des montagnes... Pas d'inquiétude. Elle s'y ferait.


Re: Faire son devoir ─
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