Faire son devoir
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Faire son devoir ─ Mar 29 Mai - 12:46
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Anastasie ne s'était pas attendue à recevoir une lettre de Nacre. Dire qu'elle était surprise en découvrant l'objet de la missive serait un euphémisme et la prêtresse avait dû la relire plusieurs fois avant de se rendre à l'évidence. On demandait son départ pour officier ailleurs. Au fond elle n'était pas vraiment triste. Elle était née dans ce duché, elle y avait également fait ses premiers pas en tant que servante du Trimurti... Mais rien ne la retenait vraiment. Les dieux l'appelaient ailleurs, et rien ne justifierait de manquer à ses devoirs. Elle partirait. 


Elle avait cherché à voir Zaël pour le lui dire parce qu'elle l'aimait bien et qu'elle n'avait pas envie de partir comme une voleuse, mais elle ne le trouva pas. Il était probablement parti pour des raisons militaires... Tant pis. Anastasie se concentra bien vite sur les préparatifs de son nouveau voyage. En tant que prêtresse il était de son devoir de lutter contre la tentation de l'attachement matériel, et il fallait avouer qu'en ce qui la concernait c'était plutôt réussi jusque là. La demoiselle n'avait pas beaucoup de possessions personnelles, même s'il fallait tout de même effectuer un léger tri. Tout ce qu'elle ne souhaitait ou ne pouvait pas emmener, elle le donna sans hésiter autour d'elle: à ceux qui en auraient l'usage ou à ceux qui voulaient garder un petit souvenir de "leur" prêtresse. Après tout, elle était restée ici des années...

Ce fut seulement quand le moment du départ arriva qu'elle se sentit triste. Elle avait quelque peu le sentiment de quitter sa paroisse alors qu'il restait beaucoup à faire. N'était-elle pas en train d'abandonner tous ces gens ? Peut-être, mais elle n'avait pas le choix. Elle avait laissé un petit mot d'encouragement et quelques conseils pour son successeur, et elle ne manquerait pas de prier pour tous ceux qui avaient croisé sa route, en espérant que cela suffise. 

Ce sentiment maussade la quitta bien vite. Anastasie aimait les voyages et était assez curieuse. Même si quelques épouvantables souvenirs lui faisaient craindre les petites routes, la découverte de nouveaux lieux et de nouvelles personnes l'enthousiasmait.  Heureusement, car le voyage était long.

Craignant d'être seule, Ana réussit toujours à s'entourer dans son voyage même si cela lui fit parfois faire des détours dont elle se serait bien passée. Elle put quelquefois profiter d'une charette ou d'une roulotte quelques temps, mais la majeure partie de son périple se fit à pieds et elle eut l'impression- si la chose était possible tant elle était déjà maigrichonne - d'avoir encore perdu un peu de poids dans l'aventure. 

Deux choses la frappaient surtout: premièrement, la chaleur et l'ensoleillement qui ne faisaient que croitre au fur et à mesure qu'elle s'approchait du Sud, et deuxièmement, l'impression de refaire son voyage pour Nacre. Certains endroits avaient à peine changé depuis le temps où elle avait voyagé pour se rendre jusqu'à l'île sacrée. Cette constatation la fit presque considérer son voyage comme une sorte de pèlerinage. Elle allait se trouver si près de Nacre, là où elle allait ! Peut-être aurait-elle l'occasion d'y retourner ? Cela lui rappelerait sans doute de très belles années de sa vie... 


Plus elle approchait de sa destination, la baronnie de Valacar, plus la prêtresse se sentait inquiète. Qu'allait-elle trouver là-bas ? Pourquoi l'y envoyait-on ? Les missives de Nacre brillaient souvent par leur concision, et étaient loin de répondre à toutes les interrogations. Tout ceci la fit hâter  son allure. Elle craignait de toute façon d'arriver plus tard qu'elle ne l'aurait dû, même si elle faisait de son mieux pour voyager avec prudence et célérité à la fois. Quelle ne fut pas sa joie d'appercevoir la mer et les navires ! 

Voilà qui signifiait qu'elle était sur la bonne voie, et bientôt arrivée. Puisqu'elle avait la chance de ne pas souffrir du mal de mer sa traversée se passa plutôt bien. Le vent de bord de mer rendait la chaleur vaguement plus supportable que dans les terres, mais il fallait avouer que c'était bien loin du climat dont elle avait l'habitude. Avec sa peau tout pâle et ses cheveux qui devenaient encore plus roux au soleil, il n'était pas difficile de comprendre qu'elle venait du Nord. Les gens avec qui elle eut l'occasion de discuter lui demandaient souvent ce qu'elle venait faire si loin de chez elle, et pourquoi une si frêle demoiselle avait entrepris un tel voyage. Ils n'avaient pas tort: c'était assez surprenant, et elle ne serait jamais partie sans en avoir reçu la consigne. 

Quand elle débarqua dans le faurbourg d'Aquila, Anastasie était aussi anxieuse que curieuse ou joyeuse. La chaleur l'accablait, elle avait soif, mais elle ne pensa même pas une seconde à essayer d'y remédier. Elle sortit de son petit paquetage la lettre qui la menait ici, et se mit en quête de sa destination. 

Ce qu'elle voyait n'avait rien de commun avec les lieux qu'elle avait eu l'habitude de fréquenter jusque là. Les murs, aussi blancs que la neige, reflétaient un soleil vigoureux et aveuglant. Il faisait beau, chaud, le port grouillait de vie. Rien à voir avec la campagne froide et humide de l'hiver terresanguin, en tout cas. 

Elle aurait vraiment aimé se perdre dans les rues, tout visiter, tout voir ! Elle eut le plus grand mal à se contenir, mais sa crainte de se faire désirer était la plus forte. Elle avait des choses plus importantes à faire que de flâner, comme par exemple s'annoncer au seigneur des lieux comme le demandait la lettre, ou se rendre au Temple. Tenant fermement ses affaires, elle se mit en marche. 

Ana n'eut aucun mal à se faire indiquer l'endroit où elle pourrait trouver un représentant du baron à qui annoncer son arrivée. Même si elle avait eu l'occasion de travailler pour le Comte de Terresang en personne en se chargeant de l'instruction des siens, elle était intimement convaincue qu'en tant que prêtresse elle n'avait aucune raison de s'attendre à rencontrer le baron lui-même. N'importe qui à son service, et qui pourrait lui indiquer ce qu'elle aurait à faire ici, voilà qui serait sans doute suffisant.

Mais pour cela, il fallait grimper. La citadelle et le temple étaient en hauteur. C'était logique, stratégique, et sans doute plein d'autres caractéristiques en -ique, mais c'était surtout une mauvaise nouvelle par cette chaleur et après un voyage déjà si long. 

Quand elle arriva enfin aux portes de la citadelle d'Aquila elle était en sueur, essoufflée, et avait l'impression qu'elle était tout à fait en train de fondre. La grande classe, une parfaite apparence pour faire bonne impression ! Bien évidemment, ce n'est absolument pas son air de paysanne de perdue avec sa robe en lin et ses joues rouges tomate qui attira l'attention, n'est-ce pas... Toujours est-il qu'on lui demanda bien évidemment d'expliquer sa présence si proche de la partie la plus noble de la ville. 


Anastasie expliqua rapidement la situation, mais son interlocuteur n'eut pas l'air convaincu avant de voir son collier, symbole de Tamas, et la lettre de Nacre dont le sceau était reconnaissable, qu'on sache lire ou non. Il fallait dire qu'elle était épuisée et que sa maladresse et sa timidité naturelles ne l'aidaient pas à tout énoncer clairement du premier coup. De plus, elle n'était apparemment pas attendue ce jour là. Etait-elle en avance ou en retard ? Elle n'en savait rien. Mais c'est ainsi qu'elle gagna à grand peine l'autorisation d'attendre là ce qui allait suivre.

Anastasie choisit alors de coller son dos contre un pan de mur frais grâce à l'ombre. Elle n'osait pas s'éloigner maintenant que quelqu'un était parti en quête de consignes la concernant, et rester au soleil lui donnait l'impression de chercher une mort prématurée. Elle laissa glisser son paquetage à terre et ferma les yeux. Si elle avait osé, c'est probablement elle qu'elle aurait laissé glisser le long de ce mur pour s'asseoir enfin. Mais ça n'aurait vraiment pas été convenable.


Re: Faire son devoir ─ Mar 29 Mai - 18:43
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Dans un premier temps accueilli par la rudesse de l’accablant soleil d’Aragon, la prêtresse à la chevelure rousse pourra profiter quelques minutes de l’ombre reposante offert par les murailles nacrées de la citadelle. Derrière les remparts, elle pourra apercevoir des bâtiments richement décorés, mais surtout la splendide jardins luxuriant entourant la demeure du baron.

Après quelques minutes à patienter face à la grande avenue descendant vers le faubourg, deux gardiens de l’Aube viendront se mettre au garde à vous près d’elle, toujours porteur de leur écus et de leur lance. L’un d’eux remonte la visière de son heaume en s’inclinant très légèrement.

“Veuillez nous suivre, vous allez être reçue.”

Ces quelques mots prononcés, la visière du heaume retrouve sa place et les deux soldats pivote, entamant leur marche sans intimer plus que cela à la demoiselle de les suivre. Ils passent ensemble le pont levis puis la  seconde porte des murailles ainsi que sa grille, débouchant finalement sur la citadelle d’Aquila, ses murs de nacre encore plus flamboyants que ceux du faubourg. Sur sa gauche, une rue suit les courbes de la muraille en accueillant de nombreuses maison à l’allure plus nobles que celle du Faubourg. Quelques boutiques de tailleurs, et autres échoppes plus luxueuse ornant les abords de l’allée. Sur sa droite, l’immensité des jardins de la citadelle : Ses bassins, ses fontaines, ses fleurs colorées et ses arbustes entretenus, le tout entouré toujours des murs de nacres d’une beauté singulière. face à elle, l’allée principale, droite, mène aux deuxièmes murailles, moins imposantes quoique protégée par une nouvelle porte lourdement renforcée. Derrière celle ci, la demeure du baron, ainsi que les écuries, le Grand Temple et la caserne des Gardiens de la citadelle.

Continuant de guider la prêtresse, les deux gardes passent le deuxième niveau de remparts, poursuivant en contournant la caserne pour arriver en fin de compte sur une petite place pavée, assez grande pour laisser un cavalier entraîner sa monture, entourée d’une haie d’arbustes verdoyant  maintenu taillés.
Mais c’est un tout autre spectacle qui attend la prêtresse. Au centre de celui ci, un gardien de l’Aube, porteur de sa lourde armure de fer, est en plein combat contre un homme à l’armure plus légère, en cuir. Une armure lamellaire couverte en certains endroits d’écailles métalliques très finement ornées.
Les deux gardes formant son escorte s’écartent pour lui laisser la vue libre, se mettant en faction autour de “l’arène”. A l’instant ou elle approche, l’homme à l’armure de cuir finement ouvragée bondit en avant, sa lance tournoyant entre ses mains pour venir s’abattre sur le bouclier de son adversaire. Celui encaisse le coup et tente de donner un coup de bouclier pour repousser son adversaire. Mais en moins de temps qu’il faut pour le dire, le plus agile laisse sa lance plantée dans l’écu et tourne autour du gardien, avec une rapidité étonnante. Une dague émergeant tirée de sa botte termine dans l’ouverture du heaume prévu pour les yeux, alors que sa main libre enserre le cou du soldat en armure qui ne bouge plus.

“Détourner l’attention pour mieux surprendre, Lieutenant. Je ne cesserai de vous le répéter, penser à ce que veut faire votre adversaire avant de riposter.”

Le lancier porteur de l’armure écailleuse aperçoit soudain la demoiselle s’étant approchée de l’air de combat, et, d’un mouvement, d’un seul, recule de son adversaire en faisant tournoyer sa dague avant de la rengainer dans le fourreau dans sa botte.
Il retire son heaume en cuir moulé, révélant une chevelure blonde, légèrement décoiffée par le combat, ainsi qu’un regard brun éclatant. Sa barbe, taillée aujourd’hui en collier, est parfaitement entretenu, et il effectue un pas en avant avant de s’incliner légèrement vers la timide prêtresse. Chacun de ses gestes sont remplis d’une élégance certaine, mais également d’une sorte de grâce que certains pourraient de.. féline ou simplement agile.

“Mademoiselle Lunétoile, nous ne vous attendions pas si tôt.. mais je suis ravi de vous voir en ma Citadelle. Pardonnez cet accueil improvisé.. nous ne vous attendions pas avant deux trois jours de plus. Peu importe, je me rattraperai en vous offrant ce soir, un accueil digne de ce nom.”

Lorsqu’il se redresse, un délicat sourire orne ses lèvres, et il lève une main vers son ancien adversaire.


“Merci Lieutenant. Nous reprendrons plus tard. Rompez.”


Sous les ordres de son baron, le lieutenant de ses gardes lui adresse un salut militaire exemplaire, avant de rejoindre ceux qui avaient escortés la prêtresse et de retourner dans la direction des remparts.
L’homme à la chevelure blonde se baisse pour ramasser sa lance, puis s’avance d’un pas vers son interlocutrice.

“Pardonnez moi, j’en oublie les bonnes manières. Ysomir Valacar, Baron d’Aquila et des merveilleuses terres qui composent cet archipel. Heureux de vous savoir ici.”
Re: Faire son devoir ─ Mar 29 Mai - 22:04
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La vue était magnifique, mais la prêtresse ne s'y consacrait pas vraiment. Elle reprenait doucement son souffle à l'ombre, attendant tranquillement qu'on lui indique la suite des événements, et elle avait fermé les yeux. La fraîcheur du mur contre son dos lui faisait le plus grand bien mais elle ne réussirait sans doute pas à faire disparaître la couleur rougeâtre de son visage en si peu de temps.

Le bruit des pas des gardes qui s'approchaient la fit délaisser son appui. Avec leurs armures il était impossible d'ignorer leur présence et cet avertissement parut des plus courtois à Ana, qui put ainsi reprendre une posture convenable à leur arrivée. Passer pour une prêtresse bizarre alors qu'elle venait à peine d'arriver n'était pas un de ses objectifs. Droite, yeux ouverts, elle les regarda approcher d'un air bienveillant et sans bouger. Peu importe qu'ils la laissent entrer ou non, dans tous les cas ils ne feraient que transmettre leurs consignes. L'un d'entre eux releva la visière de son heaume avant de s'incliner respectueusement mais sans trop en faire. Cela suffit néanmoins à mettre légèrement mal à l'aise Anastasie, qui lui rendit son salut. La timidité augmenta la coloration rouge de ses joues, mais pour une fois cela dut passer assez inaperçu.

- Je vous remercie, répondit-elle quand il l'invita à les suivre. Elle récupéra ses affaires à la hâte et se força à presser le pas pour rattraper les gardes qui avaient pris un peu d'avance. Elle aurait largement préféré s'affaler dans un coin mais ce n'était pas pour tout de suite
Elle allait être reçue. Anastasie se forçait à garder le sourire, mais la soif, la chaleur et la fatigue ne tarderaient pas à devenir plus qu'un fardeau.

La citadelle lui fit reléguer ces considérations au second plan. Le blanc encore plus pur des murs l'aveugla et ellle dut se protéger les yeux comme elle put pendant un moment avant de pouvoir avancer et observer ce qui l'entourait. Les habitations étaient différentes de celles des faubourgs, elles semblaient plus... Riches ? Anastasie n'était pas persuadée que ce soit l'objectif recherché mais c'était l'impression qu'elle avait en les regardant. Les échoppes aussi étaient différentes, d'après les quelques enseignes qu'elle apercevait depuis l'avenue principale il lui semblaitque les commerces étaient plus onéreux ici qu'en bas. La prêtresse se demanda avec amusement ce qui pouvait pousser quelqu'un à gravir la montée jusqu'à la citadelle tout ça pour se délester d'une grande somme d'argent. Ça aurait dû être rédhibitoire, non ?

Lorsqu'elle tourna la tête de l'autre côté, Anastasie vit des jardins. Ils ne ressemblaient à rien de ce qu'elle avait côtoyé en Terresang, ce qui n'était pas très étonnant quand on prenait en compte la difference entre les deux climats. Si elle avait été seule, elle s'y serait probablement attardée. Depuis l'allée principale elle parvenait à entendre un doux bruit d'eau qui provenait sans aucun doute d'une fontaine ou d'un petit cours d'eau aménagé là. De l'eau. Ana avala sa salive sans rien dire et se força de nouveau à accélérer le pas. Elle n'en pouvait plus mais elle ne pouvait pas arriver en retard sous prétexte qu'elle appréciait regarder la ville, et c'était bien dommage.

Bientôt, le trio franchit de nouvelles murailles. La prêtresse se demandait combien de protections se trouvaient ici, mais elle n'osa pas faire part de cette interrogation à ses guides. Ils la prendraient sans aucun doute pour une idiote, ou pour quelqu'un avec une curiosite déplacée. Elle aurait également aimé leur demander s'ils arrivaient bientôt mais elle n'en eut pas plus le courage. C'est à peine si elle osa se décaler pour essayer de marcher d'un côté plus ombragé.

Comment faisaient-ils, ces gardes ? Ne mourraient-ils pas de chauds dans de tels habits ? Anastasie se doutait qu'ils n'avaient pas le choix, et qu'il s'agissait à la fois d'une protection et d'un uniforme, mais rien que les voir en armure lui donnait l'impression d'étouffer davantage elle-même. Et pourtant sa robe était seulement en lin. Elle compatissait de tout coeur avec eux mais ne leur en dit rien. La prêtresse continua de les suivre en silence alors qu'ils contournaient un bâtiment imposant. Bien vite, ils parvinrent jusqu'à ce qui ressemblait fortement à un rond de longe.

La curiosité de la demoiselle était probablement ce qui la maintenait encore debout. C'était ça où son sens du devoir, de toute façon. Elle était tellement intriguée par sa visite des lieux qu'elle tournait la tête de tous les côtés et elle heurta légèrement le dos du soldat qui s'était arrêté devant elle. Honteuse, elle lui demanda de bien vouloir lui pardonner à voix basse tout en prenant soin de reculer. Elle n'osait pas parler trop fort, elle craignait de déranger l'exercice martial qui se déroulait là. Le soldat ne sembla pas rancunier puisqu'il s'écarta pour lui laisser le champ de vision libre. Peut-être craignait-il en fait que sa maladresse ne se reproduise ?

Ana posa doucement ses affaires par terre. Elle ne portait pas grand chose mais le.poids commençait à se faire douloureusement sentir dans ses petits bras. Ses yeux ne quittaient pas les deux combattants. Leurs tenues étaient bien différentes, leurs postures aussi. La prêtresse n'appréciait pas vraiment les arts guerriers pour la simple et bonne raison qu'elle n'était pas une initiée. Elle avait vu des champs de bataille de loin avant de devoir soigner les blesser et... C'était à peu près toute son éducation militaire. Zaël avait parlé de lui apprendre à tirer à l'arc mais ils n'avaient jamais mis la chose à exécution.

Elle n'eut pas à attendre longtemps: dès que l'homme à l'armure la plus légère et la plus belle à la fois la vit, il rengaina ses armes, mettant ainsi fin à l'exercice. L'homme enleva alors son heaume en cuir, ce qui laissa voir un charmant visage barbu, des cheveux blonds légèrement décoiffés mais surtout des yeux bruns et vifs. Il s'approcha d'Anastasie avant de s'incliner légèrement, et la prêtresse ne put pas réprimer un mouvement de recul. Qui était-ce ? Il portait une armure plus ornée que celle de son lieutenant, elle en avait déduit qu'il était son supérieur. C'était encore assez vague.

“Mademoiselle Lunétoile, nous ne vous attendions pas si tôt.. mais je suis ravi de vous voir en ma Citadelle. Pardonnez cet accueil improvisé.. nous ne vous attendions pas avant deux trois jours de plus. Peu importe, je me rattraperai en vous offrant ce soir, un accueil digne de ce nom.”


La demoiselle s'inclina profondément et avec respect. L'homme était élégant et tout semblait indiquer qu'il était aussi important. Elle trébucha à moitié sur ses affaires posées à terre dans la manoeuvre mais resta debout. Elle ouvrit la bouche pour répondre quelque chose mais rien ne lui vint avant que son interlocuteur ne reprenne, à l'attention de son camarade d'entraînement cette fois. Si elle avait pu disparaître elle n'aurait pas hésité une seule seconde. L'homme saisit sa lance qui était resté au sol et s'approcha d'Ana, qui se redressait doucement.

“Pardonnez moi, j’en oublie les bonnes manières. Ysomir Valacar, Baron d’Aquila et des merveilleuses terres qui composent cet archipel. Heureux de vous savoir ici.”

Le baron en personne daignait la recevoir ? Si elle avait pu devenir encore plus rouge elle l'aurait fait. Qu'elle se sentait ridicule, avec ses cheveux décoiffés par la marche, son visage rouge et en sueur, sa robe de lin beige aussi simple que si elle servait en cuisine... Elle repoussa en arrière une mèche de cheveux qui s'était échappée de sa tresse avant de joindre ses mains dans son dos. Elle ouvrit la bouche, la referma, puis se décida enfin à dire quelque chose.

 - C'est...
Sa gorge était sèche, elle toussa un peu et se racla la gorge -de la manière la plus retenue qu'elle le pouvait - avant de reprendre. C'est un honneur, Seigneur, dit-elle en s'inclinant une nouvelle fois. Anastasie Lunétoile, prêtresse de Tamas.

Que dire d'autre?  Elle n'avait jamais été très douée pour la conversation, et encore moins quand se rajoutait l'angoisse de manquer involontairement de respect à un interlocuteur bien plus important qu'elle ne le serait jamais. Elle leva les yeux vers son visage, le regretta, et fixa son épaule en se disant que ce serait un compromis intéressant entre le regarder droit dans les yeix et regarder le sol.

 - Veuillez me pardonner d'arriver en avance... Je ne souhaitais en aucun cas vous importuner, je vous prie de me croire.


Arriver en retard était une impolitesse, mais arriver en avance c'était habituellement jeter l'embarras sur ses hôtes. Ana se força à conserver un petit sourire, mais elle était loin de se sentir dans son élément.

 - Ne vous en faites pas pour moi
, finit-elle par balbutier, cet accueil est parfait Seigneur. Je suis ravie de découvrir votre domaine.  

Elle ne mentait pas, elle en était de toute façon incapable sans se trahir. Mais il était vrai que le dénivelé et la chaleur étaient des inconvénients non négligeables.


Re: Faire son devoir ─ Mer 30 Mai - 13:44
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Ysomir avait été surpris lorsqu’on lui avait annoncé la venue du prêtre envoyé par le clergé, à sa demande, évidemment. Il ne pensait pas le voir arriver si tôt : les religieux prenaient souvent leur temps. Mais cela ne le gênait en rien, bien au contraire.

Quel ne fut pas sa surprise de voir se tenir devant lui une frêle demoiselle humblement vêtu ? Lui qui s’attendait plutôt à un vieil homme ventripotent aux bijoux cliquetant ne put être que agréablement surpris de voir les joues rouges et la peau claire de son interlocutrice peu sûre d’elle. Cette timidité touchante l’étonna tout autant que cela lui plu.


Grand joueur qu’il était, il se plaisait à intimider sans méchanceté les personnes les plus réservée.. Un petit sourire timide, un regard fuyant, allez savoir pourquoi cela lui plaît tant.

Il finit par tourner la tête vers le chemin partant à l’opposé de celui emprunté par Anastasie. Un jeune page se tenait là, droit un comme i, vêtu d’une magnifique tenue en soie colorée et brodée, typique de la haute noblesse valarienne. Cela ci s’approche en trottinant pour venir récupérer en silence le heaume de cuir et la lance du baron avant de s’incliner respectueusement. Il a tout juste une quinzaine d’années, une magnifique et dense chevelure sombre et bouclée tombant par moment devant deux yeux émeraudes et pétillants.

“Vous devez mourir de chaud mademoiselle. Une voiture devait vous attendre au port, mais je n’avais pas prévu une telle avance, veuillez m’en excuser. Je vous en prie, venez vous rafraîchir. Je vais vous montrer vos quartiers, le lit sera fait d’ici ce soir et je vais déjà vous faire porter des vêtements propres et plus légers.”


Un sourire courtois et pourtant empreint de malice se dessine sur les lèvres du baron alors que le jeune page part un trottinant vers la demeure du seigneur afin de transmettre ses directives et ranger son équipement.

Le baron savait pertinemment qu’un tel traitement mettrait sans doute la demoiselle dans l'embarras, mais il n’avait pas pour habitude de mal accueillir ses invités. Elle semblait un peu perdu cette charmante rouquine.. était-ce la chaleur ? Avait-elle seulement été mise au courant de la raison de sa présence ici ?
A vrai dire, il ne savait rien d’elle. Son teint et la couleur de sa crinière laissaient supposer qu’elle venait du Nord d’Eurate, et le fait qu’elle s'essoufflait si rapidement au soleil tendait en faveur de cette supposition. D’où venait-elle ? Qui avait-elle servi ? Un autre seigneur ? Les questions fusaient dans la tête du baron.
Peu importe, il le saurait bien assez vite.
S'avançant finalement vers son invitée, il se glisse à ses côtés pour se saisir du paquetage qui semblait lui avoir pesé durant l'ascension jusqu’à la citadelle. Quoi de plus normal après tout… Il se lève ce fameux sac jusqu’à son épaule tout en sachant pertinemment que cela allait surprendre la prêtresse. Espérons qu’elle ne le prenne pas comme un affront, mais Ysomir n’était pas le genre d’homme à laisser une demoiselle s'essouffler à sa place.

Avant de tendre le bras dans la direction que le page avait emprunté quelques minutes plus tôt, il pivote sa tête vers Anastasie, désormais bien plus proche d’elle.
Elle pourra observer son regard noisette très légèrement teinté de vert en son centre, et les quelques gouttes de sueur perlant sur son front seront le témoignage que, malgré les apparences, porter une armure complète sous le soleil d’Aquila, n’était pas des plus confortables, même si celle ci n’était qu’en cuir.
Intimant donc, d’un geste calme et courtois, la direction à emprunter, il emboîtera le pas à la prêtresse, marchant à ses cotés.

“Allons au palais, vous devez mourir de chaud et de soif. Vu la clartée de votre peau, je suis tenté de dire que vous n’êtes pas habituée au soleil de Melilla, ni à l’air marin d’ailleurs. Allons nous mettre au frais. Et inutile de vous confondre en excuse, c’est moi qui suis navré de vous accueillir en armure et en sueur.”


Re: Faire son devoir ─ Mer 30 Mai - 16:09
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Anastasie avait plaint les soldats qui travaillaient en plein soleil avec leurs armures, et elle plaignait à présent également le page qui se tenait en retrait. Tout droit, il ne bougeait pas et attendait visiblement un signe de son seigneur. Sa tenue indiquait de manière très visible son appartenance à la haute société, mais la seule chose qui venait à l'esprit de la prêtresse en le voyant était de l'inquiétude. Il valait mieux pour lui qu'il boive beaucoup vu la chaleur, et il devrait sans doute se couvrir le crâne. À moins que ce ne soit contraire à un quelconque règlement qu'ignorait Anastasie. Elle n'était pas douée pour paraître en public, et la plupart des coutumes de Terresang n'avaient sans doute pas cours ici. Le page, aussi jeune qu'Anastasie quand elle avait pris ses fonctions de prêtresse pour la première fois, saisit les affaires du baron sans rien dire.

“Vous devez mourir de chaud mademoiselle. Une voiture devait vous attendre au port, mais je n’avais pas prévu une telle avance, veuillez m’en excuser. Je vous en prie, venez vous rafraîchir. Je vais vous montrer vos quartiers, le lit sera fait d’ici ce soir et je vais déjà vous faire porter des vêtements propres et plus légers.”


La prêtresse avait souri légèrement quand il l'avait appelée "mademoiselle". Elle se souvenait s'être battue, quand elle avait commencé à officier, pour qu'on l'appelle selon le titre officiel de rigueur. Appeler une enfant de seize ans "ma mère" était quelque peu ridicule, mais ça avait été le moyen qu'elle avait trouvé pour se faire un peu mieux respecter. Elle n'avait jamais apprécié  ce titre, et ne tenait absolument plus à ce qu'on l'utilise. Le baron lui semblait déjà sympathique rien que par ce petit détail.

 - Je vous suis reconnaissante de tant de sollicitude, Seigneur,
dit-elle en inclinant légèrement la tête. Mais...

Anastasie se tut un instant. Enchaîner les contradictions si proches des remerciements lui semblait le comble de l'impolitesse et pourtant il valait mieux prévenir le baron avant qu'il ne fasse des efforts inutiles.

-Il serait sans doute inconvenant que je porte autre chose... J'ai de quoi me changer, ne vous en faites pas.


Anastasie n'avait jamais possédé ni porté d'autres habits que ceux de prêtresse depuis qu'elle portait ce titre. C'était l'usage. Elle n'avait aucune idée de ce qu'on pourrait lui dire si elle les troquait contre autre chose - et à vrai dire elle serait sans doute assez coquette pour y prendre goût. C'était pour cela qu'elle avait toujours choisi les robes les plus simples, délaissant les nombreux ornements auxquels elle avait pourtant droit pour rehausser le vêtement. Elle luttait contre son propre penchant. De toute façon il y avait peu de chance que le baron possède des habits de prêtresse, et encore moins de chances qu'ils soient à sa taille vu sa maigreur. Elle nagerait probablement dedans avec un air ridicule.

Le baron s'approcha d'elle et se baissa pour attraper les affaires qu'elle avait posées à ses pieds. La prêtresse fut si surprise qu'aucun son ne sortit de sa bouche ouverte à ce moment là. Ses joues n'étaient pas prêtes de perdre leur coloration rouge, entre la chaleur et la gêne qu'elle ressentait en compagnie du baron de Valacar. Ce dernier semblait souffrir bien moins de la chaleur qu'Anastasie, même s'il n'y était pas insensible. Elle aperçut quelques gouttes de sueur mais détourna bien vite le regard.

“Allons au palais, vous devez mourir de chaud et de soif. Vu la clartée de votre peau, je suis tenté de dire que vous n’êtes pas habituée au soleil de Melilla, ni à l’air marin d’ailleurs. Allons nous mettre au frais. Et inutile de vous confondre en excuse, c’est moi qui suis navré de vous accueillir en armure et en sueur.”

Il désignait la route à suivre, mais Ana ne fit tout d'abord aucun pas. Elle fixa le baron, s'obligea à redresser le regard. Ses mains s'agitèrent dans son dos.

 - Je vous remercie, Seigneur. Mais je vous en prie...
Sa voix s'éteignit doucement. Elle n'avait pas l'habitude de s'affirmer et il la mettait mal à l'aise, cependant elle n'avait pas pour habitude de se laisser servir non plus. Elle continua d'une petite voix. Ne vous fatiguez pas à porter mes affaires, je vais m'en charger...  

Elle attendit sa réaction avant de se mettre en marche dans la direction qu'il avait indiquée. Elle ne connaissait pas les lieux et était fatiguée, son pas était donc assez lent.  Craignant que le silence ne devienne finalement plus gênant que la conversation, elle se décida à rebondir sur ce que le baron venait de lui dire. Elle n'aimait pas vraiment parler pour ne rien dire mais il lui semblait qu'entretenir la conversation était plus polie que la laisser s'éteindre.

 - Effectivement, j'ai plutôt l'habitude d'autres climats... Mais je m'y ferai vite, et je doute que la neige me manque longtemps.  

C'était probablement plus optimiste que réaliste, mais Anastasie avait envie de croire qu'elle se plairait ici. Si elle y restait autant de temps qu'en Terresang, elle y avait plutôt intérêt. Elle rejeta sa tresse en arrière d'un coup d'épaule, et essuya la sueur de son front d'un geste. Le mouvement fit remonter sa manche, mais Anastasie s'empressa de la remettre à sa place. Elle détestait les cicatrices peu esthétiques qu'elle portait aux poignets et détestait encore plus les regards appuyés ou les questions à ce sujet. Si elle avait osé se l'accorder, elle aurait sans doute porté des bracelets pour les dissimuler.

 - Fait-il toujours aussi...
Elle hésita. Beau ? dans votre domaine, Seigneur ?

Elle termina sa phrase en levant un bras devant elle, pour essayer d'y voir quelque chose malgré le soleil toujours aussi aveuglant et les murs blancs qui le réfléchissaient. Ce n'était pas la question la plus importante... Ou peut-être que si, tout compte fait.


Re: Faire son devoir ─ Mer 30 Mai - 18:15
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“Il serait sans doute inconvenant que je porte autre chose... J'ai de quoi me changer, ne vous en faites pas.”


“Je me doute que vous avez d’autre vêtements très chère, mais il faudra trouver des tenues plus appropriées au climat d’Aquila. Je sais que les tenues des gens du sud peuvent parfois effrayer les nordistes. Mais je vous assure qu’après, on ne peut plus s’en passer. Il vous faut découvrir les tenues légères et aérées des tailleurs valariens. Je ne sais si vous en avez connaissance, mais ma baronnie possède toute la production de soie d’Eurate. Je ferais venir mon tailleur personnel dans vos quartiers, pour que vous puissiez lui faire part de ce que vous désirez, puisque j’imagine qu’une prétresse ne souhaite pas forcément des tenues aussi.. osée que peuvent l’être celles de certaines dames de la cour. Bien que votre peau d’albâtre et vos cheveux de feu ferait des vagues, j’en suis certain."

Ces derniers mots seront prononcé avec un sourire encore plus prononcé, tout sauf moqueur. Au contraire, le baron se montre très doux et amical avec la nouvelle venue. Il aime jouer avec la timidité, mais il n’aime pas non plus effrayer ses invités..
Il se demandait d’ailleurs jusqu’où allait la timidité de cette nouvelle venue.. serait-elle capable de parler en sa présence sans virer au pivoine ? Il aurait l’occasion de le découvrir, et à vrai dire, aussi curieux soit-il, ce n’était pas sa priorité.

“Je vous remercie, Seigneur. Mais je vous en prie...Ne vous fatiguez pas à porter mes affaires, je vais m'en charger..”


“Mais il est inutile de tenter de m’en empêcher mademoiselle. Je dois bien rattraper l’erreur de cet accueil improvisé. Permettez au moins que je vous les portes jusqu’au Palais, les domestiques s’en chargeront plus tard.”


Ils finissent donc par arriver devant la porte principale de la demeure du baron, une grande arche arrondie sculptée dans la même pierre blanche que le reste de la citadelle, mais cette fois ci avec une finesse élégante et sobre. Ouverte mais non moins présente, l’énorme porte en bois massif servant à clore le palais est aussi grosse que celle des remparts principaux. Lourde et renforcée de métal, nul doute que le palais du baron peut se transformer en véritable forteresse.

“Fait-il toujours aussi... Beau ? dans votre domaine, Seigneur ?”


Levant le nez vers le sommet de sa forteresse, le baron laisse un sourire fier, mais non moins humble, se dessiner sur son visage.

“La plupart du temps, oui. Vous verrez, on s’y fait très bien. le seul défaut que cela implique.. c’est qu’on ne parvient plus à repartir.” Un rire sincère et franc s’échappe de sa gorge, alors qu’il l’invite à continuer leur avancée à l’intérieur de la bâtisse, il poursuit. “Mais ne vous en faites pas, que ce soit ici ou dans le grand temple, vous aurez de quoi vous mettre au frais et à l’abri du soleil. Vous disiez que la neige ne vous manquerez pas ? Vous venez donc de si loin ?”

Il laissera son regard aviser un peu plus en détails le minois de sa comparse tout en poursuivant sa marche au travers des couloirs du Palais. Les murs de celui ci sont tous fait de cette pierre blanche, est-ce naturel ou ont-elle été enduite, difficile à dire. De nombreuses tentures et rideaux ornent les murs et les ouvertures, donnant au palais un aspect à la fois clos et aéré. L’odeur légère d’encens qui y règne est des plus agréable, et le duo aura l’occasion de croiser quelques gardiens de l’Aube ainsi que quelques serviteurs. Ils débouchent finalement dans le hall principal du lieu, où de grandes tables sont disposées en “U”, et en son centre un fauteuil en bois sculpté dont l’accoudoir semble marqué de nombreux coups de dagues.

“Pourrions nous avoir de l’eau, et quelques fruits de nos jardins pour notre nouvelle arrivante ? Peut être désirez vous un peu de vin ou un plat plus consistant ? Nos cuisines tournent encore, cela ne poserait aucun problème mademoiselle.” Se tournant finalement pour regarder derrière lui, c’est à un des serviteurs du palais qu’il donnait ses directives, celui ci s’inclinant lorsque le baron lui fait face en reprenant. “Un pichet de mon cru habituel pour ma part, merci.”

Posant les affaires d’Ana’ près de son fauteuil sculpté, il tire une chaise adjacente à celui ci, invitation silencieuse intimant à la demoiselle de s’asseoir. Pour sa part, il désangle ses spallières avant de s’installer sur son “trône” dans un soupir d’aise, restant néanmoins souriant de satisfaction. La posture qu’il adopte reste surprenant de désinvolture, partiellement affalé sur son fauteuil, il en profite pour faire au moins partiellement face à son interlocutrice.

“Nous voilà bien mieux qu’en plein cagnard n’est-ce pas ? Parlez moi un peu de vous mademoiselle, je suis curieux d’en savoir plus sur celle que l’on m’a envoyée et qui s’est tant pressée sur les routes.”
Re: Faire son devoir ─ Mer 30 Mai - 19:38
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La prêtresse ne profita pas vraiment de la vue de la porte. D'après ce qu'elle avait vu de l'architecture des lieux en arrivant elle devait être belle et imposante, mais la demoiselle n'osait plus lever la tête. Le soleil la gênait trop, elle n'en pouvait plus de lutter. Peut-être pourrait-elle profiter d'un jour moins ensoleillé pour admirer l'extérieur du palais ? Encore fallait-il qu'il pleuve. La réponse du baron n'allait pas vraiment dans ce sens.

Son rire franc après sa phrase fit sourire Anastasie. Il semblait être quelqu'un de joyeux, et même si le comte de Terresang n'avait jamais été méchant avec Ana elle ne se plaignait pas de cette différence. Il invita la demoiselle à entrer dans le bâtiment et la promesse d'ombre la charma tout à fait : elle ne se fit pas prier. Pendant qu'elle découvrait l'intérieur, le baron reprenait.

“Mais ne vous en faites pas, que ce soit ici ou dans le grand temple, vous aurez de quoi vous mettre au frais et à l’abri du soleil. Vous disiez que la neige ne vous manquerez pas ? Vous venez donc de si loin ?”


Anastasie leva un sourcil surpris. Son visage était tout ce qu'il y a de plus expressif, impossible pour elle de cacher qu'elle ne s'était pas attendue à cette question. Elle apprenait alors que Nacre n'était pas seulement avare de détails envers ses prêtres mais aussi envers ceux qui les appelaient. La situation avait quelque chose de comique: l'un et l'autre ne savaient visiblement pas exactement ce qu'il en était. Enfin, l'inquiétude de la prêtresse se dissipait doucement à présent qu'elle avait rencontré le baron. Elle n'avait pas eu l'occasion de se renseigner sur sa réputation au cours de son périple, heureusement pour elle il semblait qu'il n'y ait rien à craindre pour le moment. Anastasie répondit d'un air distrait: elle observait le décor en même temps.

 - Je viens du Duché de Volg, Seigneur.

La douce odeur d'encens la charmait tout à fait. Le palais était bien différent de celui qu'elle avait eu l'occasion de visiter par chez elle: il avait l'air à moitié ouvert sur l'extérieur sans qu'elle ne sache vraiment ce qui lui donnait cette impression. Dans le Nord ça aurait été synonyme de pneumonie collective. Il faisait bien plus frais ici qu'à l'extérieur en tout cas, ce qui était particulièrement plaisant. Sa vue aussi était charmée par la décoration : des teintures, des rideaux, de beaux meubles... Anastasie faillit bousculer une servante tant elle était centrée sur la découverte du lieu mais heureusement le désastre fut évité : le baron et la prêtresse entrèrent dans une nouvelle pièce, la demoiselle baissa les yeux et put changer de trajectoire.

La pièce était grande et semblait conçue pour impressionner. Au milieu de tables bien disposées on pouvait voir un trône, ou un fauteuil qui se distinguait assez du reste pour qu'on le considère ainsi. Des traces d'usure inhabituelles sautaient presque aux yeux sur l'accoudoir et attirèrent l'attention d'Ana. Est-ce que c'étaient des... Coups de couteaux? Elle ne voyait pas comment ce serait possible, mais ça y ressemblait.

“Pourrions nous avoir de l’eau, et quelques fruits de nos jardins pour notre nouvelle arrivante ? Peut être désirez vous un peu de vin ou un plat plus consistant ? Nos cuisines tournent encore, cela ne poserait aucun problème mademoiselle.”


Anastasie ramena son attention vers le baron. Il lui fallut quelques secondes pour intégrer ce qu'il venait de dire et répondre.

 - De l'eau me suffirait, s'il vous plaît.
Demanda-t-elle poliment. Elle était loin d'avoir faim mais vu sa maigreur il arrivait très régulièrement qu'on se sente obligé de lui proposer de la nourriture. Elle avait appris à y voir une marque d'attention.  

Le baron déposa les affaires d'Anastasie à terre, à côté de ce qu'elle désignait volontiers comme un trône, et installa une chaise non loin. Même si la prêtresse était épuisée, elle attendit bien sagement que le baron s'installe avant de faire de même. Elle s'assit discrètement, bien loin de la nonchalance de son nouveau seigneur. Se tenant droite, main croisée sur ses genoux, elle détourna les yeux en apercevant qu'il se mettait à l'aise mais c'était cette fois-ci plus par habitude que par gêne.

“Nous voilà bien mieux qu’en plein cagnard n’est-ce pas ? Parlez moi un peu de vous mademoiselle, je suis curieux d’en savoir plus sur celle que l’on m’a envoyée et qui s’est tant pressée sur les routes.”


Anastasie rougit et hocha la tête en signe d'accord. Elle n'avait pas l'habitude qu'on lui demande de parler d'elle ainsi, et la question était si vague qu'elle ne savait pas par où commencer. Elle laissa un certain silence planer, cherchant ce qu'elle allait dire, mais elle sentait l'attention que le baron lui prêtait. Il fallait bien répondre quelque chose.

 - Eh bien... J'étais prêtresse à Terrefière, et je servais également Monseigneur Alexandre de Terresang en tant que préceptrice. On m'a demandé de changer de paroisse pour venir vous servir, Seigneur, et... Voilà tout.

Anastasie n'était pas du genre à s'épandre sans raison. Elle aurait pu parler de son intérêt pour la médecine, cela aurait sans doute été utile, mais elle n'aimait pas parler d'elle ni se mettre en avant. Le baron ne manquerait sans doute pas de demander ce qu'il voudrait savoir et Anastasie lui répondrait. Ce serait plus simple.

Elle remonta ses manches à cause de la chaleur, les rabaissa à nouveau en pensant à ses marques, rougit, espéra que le baron n'avait rien vu, n'avait pas fait attention ou ne dirait rien. Elle sourit doucement d'un air gêné et reprit.

 - La lettre que j'ai reçue ne donnait pas vraiment de précision, je ne sais pas ce que vous attendez de moi, mais c'est un honneur de représenter le Trimurti au sein de votre domaine. Puissent les dieux veiller sur vous.

Elle baissa la tête et sa tresse à moitié défaite tomba sur le côté de son visage. Elle espérait avoir passé le test de sa propre présentation, et que les serviteurs couperaient leur conversation si jamais le baron revenait sur ce point. Elle préférerait avoir des précisions sur sa nouvelle mission.


Re: Faire son devoir ─ Mer 30 Mai - 21:54
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“Eh bien... J'étais prêtresse à Terrefière, et je servais également Monseigneur Alexandre de Terresang en tant que préceptrice. On m'a demandé de changer de paroisse pour venir vous servir, Seigneur, et... Voilà tout.”

L’un des sourcil du seigneur d’Aquila se hausse. Il se doutait qu’elle ne venait pas de Mellila, mais il n’aurait pas été jusque parier sur le comté de Terresang. Il n’y avait jamais mis les pieds, et il ignorait presque tout de ces terres, tout ce qu’il en connaissait était les noms et devises de ses baronnies, et le fait qu’il y neigeait bien souvent. Peut-être aurait-il l’occasion de s’y rendre, après tout, il avait proposé un contrat à la baronne de Valbruine, alors il passera peut-être un jour par les froide terres du nord.

“Terresang.. et bien vous avez non seulement été rapide, mais encore plus en venant du strict opposé d’Eurate. J’espère que vous avez fait bonne route en tout cas, certaines ne sont plus très sûre. “


La vérité, c’est que d’une certaine manière, il l’enviait. Jamais il n’avait eu l’occasion de réellement sillonner les routes pas lui même. Mis à part pour partir au combat pour les dernières guerres, il n’avait que très peu quitté Mellila, et pourtant, l’idée de voyager ne lui déplaisait pas.
Tiré de ses pensées par l’arrivée d’une des servantes, deux pichets, l’un d’eau, l’autre de vin rouge se voient posée sur la table faisant face au duo. Une coupe en argent sera rempli d’eau pour être déposée devant Ana, puis une autre de vin pour Ysomir. La servante se retire finalement dans une légère révérence, disparaissant derrière un rideau de soie bleu roi.

Lorsque son interlocutrice remonte ses manches, le baron ne pourra s’empêcher de remarquer la présence des cicatrices marquant ses bras. Et pourtant, il n’en dira rien, et il sera même difficile de lire sur son visage qu’il en ai pris conscience.
La connaissance est aussi importante que le pouvoir pour un dirigeant. Il a beau être très différent de son père, c’est bien l’une des choses qu’il a retenue. Bien que cela ne semble en rien un secret qui pourrait lui être utile, peut être pourra t-il en apprendre plus à l’avenir. Comment cela lui était-il arrivée ? Avait-elle déjà été emprisonnée ou capturée ? S’était-elle mutilait..?
Le baron faisait ce qu’il pouvait pour commencer à connaître la demoiselle qu’on lui avait envoyé et sur qui il ignorait tout. Elle ne semblait pas très bavarde, mais cela ne le gênait en rien : Il comprenait l’obstacle que pouvait former la timidité, et il ne la pressait pas, il ne devait pas l’effrayer, d’autant plus que le voyage avait dû être long, et l'ascension vers la citadelle éprouvante !

“La lettre que j'ai reçue ne donnait pas vraiment de précision, je ne sais pas ce que vous attendez de moi, mais c'est un honneur de représenter le Trimurti au sein de votre domaine. Puissent les dieux veiller sur vous.”

La bienveillance cléricale dont lui fit don la demoiselle avec ces quelques mots lui fit l’impression d’un baume. Un profond soulagement s’empara de lui et il ne put retenir un soupir d’aise accompagné de la fermeture momentanée de ses paupières. La foi de sa mère lui manquait.. elle avait un croyance très fermement ancrée, et les adage sur les dieux de cette dernière avait bercée toute l’enfance du baron à la chevelure blonde. L’image de sa chère mère s’empara de lui quelques fractions de seconde, lui accordant un sourire sincère et apaisé, presque surprenant étant donné la malice habituelle du guerrier.
Depuis la perte de son frère, suivit rapidement de celle de son père, Ysomir s’était indéniablement rapproché de sa foi… et les anciennement que lui avait offert sa mère avait sur quelque peu le raisonner. Comme une brise humide qui atténuerait les flammes Valarienne qu’il tenait de son père, sa foi avait sû le renforcer et le solidifier dans la prise de pouvoir à laquelle il ne s’attendait pas. Son frère Eomir était destiné à gouverner, lui devait mener les armées, conquérir des terres. Lui était le guerrier, son frère le sage. Mais les dieux en décidèrent autrement, et voilà qu’il se retrouvait seul dans le grand navire de la politique et du pouvoir. Avec pour seule compagne sa jeune soeur qui plus est.. ce ne fut pas facile à assumer au départ, autant pour lui que pour la cour d’ailleurs : Un héros de guerre sur le trône d’Aquila ne faisait pas l’unanimité, c’est certain. Après quelques secondes à peine de silence, son regard se pose de nouveau sur la prêtresse et il lui offre un sourire courtois, bien que plus doux que malicieux cette fois ci.

“Je dois bien avouer que celle que j’ai reçu en réponse à ma demande ne me donnait aucune information quant à qui j’allais recevoir. Et.. j’espère de tout coeur que vous vous plairez en mon domaine. Je suis sincèrement heureux de vous y accueillir. Pour tout vous dire, dans la missive que j’ai fait parvenir au clergé.. j'annonçais d’abord le décès du prète Bellentor, représentant jusqu’alors du Trimurti en Valacar. Que les dieux le gardent..
Et dans cette même l’être, je demandais à ce qu’on fasse venir à la citadelle, une personne de confiance. Un représentant digne et fidèle de nos dieux, en qui je pourrais avoir confiance, et à qui je pourrais céder les rênes que Bellentor tenait depuis plus de soixante ans maintenant.
Mademoiselle, il semblerait que vos représentants vous ai choisi pour devenir la nouvelle prêtresse responsable du Trimurti en mon domaine.”
Re: Faire son devoir ─ Jeu 31 Mai - 7:17
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L'expression du baron avait changé. Anastasie , bien plus douée pour observer ou écouter que pour parler, n'était pas passée à côté. L'air presque malicieux qu'il avait eu jusque là avait laissé place à une sorte de soulagement. C'était du moins de cette manière que la prêtresse interprétait le soupir qu'elle avait perçu, et le fait qu'il ait fermé les yeux un instant. Voilà au moins une circonstance dans laquelle elle osait regarder le visage du baron de Valacar. Mais ce n'était pas parce qu'elle l'apercevait sur son visage qu'elle en comprenait la cause, bien au contraire. Elle ne voyait rien dans ses paroles qui aurait pu provoquer pareil sentiment. La prêtresse affichait une mine douce mais curieuse, en réponse au sourire tranquille de son hôte.

“Je dois bien avouer que celle que j’ai reçu en réponse à ma demande ne me donnait aucune information quant à qui j’allais recevoir. Et.. j’espère de tout coeur que vous vous plairez en mon domaine. Je suis sincèrement heureux de vous y accueillir. Pour tout vous dire, dans la missive que j’ai fait parvenir au clergé.. j'annonçais d’abord le décès du Haut-prète Bellentor, représentant jusqu’alors du Trimurti en Valacar. Que les dieux le gardent..
Et dans cette même l’être, je demandais à ce qu’on fasse venir à la citadelle, une personne de confiance. Un représentant digne et fidèle de nos dieux, en qui je pourrais avoir confiance, et à qui je pourrais céder les rênes que Bellentor tenait depuis plus de soixante ans maintenant.
Mademoiselle, il semblerait que vos représentants vous ai choisi pour devenir la nouvelle prêtresse responsable du Trimurti en mon domaine.”

Anastasie hocha la tête d'un air grave et légèrement pensif. Les choses se passaient souvent ainsi. Déjà en Terresang, on avait fait appel à elle parce que son prédécesseur avait pris une retraite bien méritée après de bons et loyaux services. Elle ne l'avait pas rencontré pour autant, et la situation n'avait donc rien de bien différent. Ça l'amuserait presque : un nouveau départ. Les mêmes affaires qu'au début -à savoir pas grand chose-, les mêmes informations à peu près pour le moment... La différence était sans doute l'expérience, mais Anastasie ne savait pas si elle pouvait vraiment se considérer comme une prêtresse expérimentée. Sa réponse, elle, fut identique ou presque.

Je ferai de mon mieux pour être à la hauteur alors, et je...

Anastasie redressa assez brusquement la tête, rejetant en arrière sa tresse, et regarda rapidement tout autour d'elle. Elle avait entendu un bruit. Rien de bien étonnant dans un palais probablement plein de vie, mais celui-ci avait été plus fort que les autres et avait attiré son attention au point de la faire taire. Cela lui évoquait un bruit de chute, mais depuis sa place elle ne voyait rien ni personne qui soit tombé à terre. Et comme elle n'était pas en terrain connu ni maîtresse de la situation, elle n'osa bien évidemment pas bouger pour en avoir le cœur net.

Vous avez entendu ?
Demanda-t-elle sans réussir à masquer que sa question appelait une véritable réponse pour contenter sa curiosité. Mais peut-être que le baron se moquerait bien d'un simple bruit chez lui, elle ne pouvait pas le savoir. Peut-être était-ce un bruit habituel ici ?

Elle se redressait autant qu'elle le pouvait sans se lever de sa chaise -ce qui aurait été trop impoli- et essayait de voir de quoi il était question. Peut-être que ce n'était rien, ou pas grand chose : un serviteur qui avait trébuché, un objet un peu lourd qui serait tombé dans une pièce non loin de là. Mais peut-être était-ce plus grave. Peut-être que quelqu'un était blessé ? Étant donné la chaleur du lieu et les armures que portaient les gardes, il ne serait pas non plus étonnant que quelqu'un ait fini par faire un malaise. Quoique, ils devaient être habitués et entraînés à supporter ces conditions, supposait la prêtresse. Mais bon, peut-être que ce n'était qu'un objet tombé à terre et qu'il n'y avait pas de raison de s'inquiéter.Ou peut-être que le bruit n'avait aucun rapport avec une quelconque chute. Ana avait tendance à tout prendre à cœur, et à tout prendre très au sérieux : il lui arrivait souvent de s'en faire pour rien ou pour pas grand-chose.


Re: Faire son devoir ─ Jeu 31 Mai - 16:37
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“Vous avez entendu ?”

A peine la demoiselle eut-elle interrompu sa phrase, tournant son attention vers la source du bruit, que le baron est déjà en alerte. Il se relève, observant autour d’eux, attentif au moindre et infime bruits. Tel une vigie à l’affût ou un chasseur repérant sa proie, sa posture devient tout à coups moins flegmatique, et le politicien se gomme pour laisser place au soldat, au guerrier.
Après quelques secondes, il finit par soupirer, semblant se détendre. Il roule des yeux en reprenant place sur son fauteuil, saisissant au passage sa coupe pour en tirer une gorgée.

“Par tous les dieux.. Rubis.. si tu souhaite m’espionner, essaye au moins de le faire discrètement.. je te pensais plus maligne que cela..”


La relation qu’il avait avec sa soeur était toute particulière. Ils étaient très complice, encore plus depuis qu’ils n’étaient plus que deux à représenter leur nom. Même si elle n’avait jamais connu leur mère morte en couche, Elora avait grandit avec ses deux frères et son père. Elle avait d’ailleurs tiré de celui ci sa malice, son habileté pour le mensonge et sa très grande capacité de persuasion.. C’est sans doute de lui aussi qu’elle tenait cette manie de tout écouter et observer. Aux mots de son grand frère, la jeune demoiselle vêtue d’une sublime robe de soie aux reflets tantôt verts, tantôt bleu, difficile à définir tant le tissu est raffiné et volatile. La jeune Elora semble approcher des seize ans, le port altier, se tenant droite.
Les tissus de soie valarienne qu’elle portent laissent deviner une silhouette de demoiselle encore en train de se former, son épiderme étant plus hâlé que celui du Baron. Ses cheveux sont d’un noir profond, ondulant le long de son dos, soyeux et brillant. Un diadème très simple et sobre vient orner une coiffure soignée et un visage doux et fier.


Elle s’approche et vient se glisser près de son frère, chipant son calice dans le but d’en prélever une gorgée sans qu’Ysomir ne lui dise rien.

“Je ne faisais que passer par là, je vais aux jardins.”


Ces quelques mots prononcé, les mange tombante ainsi que le reste de sa robe volatile laissent s’engouffrer l’air frais du palais lorsqu’elle s’éloigne du duo pour sortir du Hall de la demeure du baron. Ce dernier pose finalement de nouveau son regard sur son invitée, l’air un peu.. las.

“Veuillez l’excuser, et veuillez m’excuser. Elora, ma jeune soeur, dernière membre, avec moi même, de notre lignée. Ne faites pas attention à son insolence.. elle est encore jeune et elle tient bien plus d de la fougue de mon père que de la sagesse de ma douce mère.”

Un sourire courtois et presque un peu amusé vient en fin de compte orner les lèvres du blondinet qui laisse ses iris se balader sur le petit minois de la prêtresse. L'attitude de sa soeur pouvait parfois l'exaspérer.. mais il n'aimait pas lui faire des reproche.. et en un sens, elle ressemblait tant à leur père.. comment pourrait-il le lui reprocher ? Ils étaient tous deux les fils de la “Vipère”, après tout.

“Pour revenir à notre discussion.. je suis certain que vous allez faire de votre mieux très chère, et je doute que vos confrères vous aient choisi par hasard pour accomplir cette mission. Je suis persuadé que vous saurez faire de mes terres un lieu d’accueil, de culte et de quiétude. La foi ne m’a jamais quitté, et je serais toujours avec vous pour qu’elle ne quitte personne en mon domaine. Que chacun trouve sa voie, son bonheur, que chacun trouve la justesse de leur foi, son réconfort. J’espère qu’avec une si douce prêtresse à mes côtés, je pourrais offrir à chacun ce dont il aura besoin. Encore une fois.. bienvenue à Aquila mademoiselle, vous êtes ici chez vous.”
Re: Faire son devoir ─ Jeu 31 Mai - 20:17
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Si Anastasie avait craint pour la santé de quelqu'un, le baron semblait avoir des préoccupations différentes. Déjà debout, en alerte, il observait toute la pièce. Seulement la pièce. C'était probablement l'expression même de leurs vies presque opposées : en bonne prêtresse elle craignait pour les autres tandis qu'en bon baron il s'inquiétait probablement pour sa sécurité.

Son inspection ne fut pas longue, et il n'en sortit pas avec un air inquiet. Ana, qui avait fini par se lever mais ne s'était pas trop éloignée de sa chaise, le regardait à nouveau avec curiosité. Était-il résigné parce qu'il n'avait rien trouvé?  C'était possible. Mais ce n'était pas tout à fait le cas. Il soupira en reprenant sa place sur son fauteuil, et la prêtresse l'imita donc en se rasseyant sur sa chaise.

“Par tous les dieux.. Rubis.. si tu souhaite m’espionner, essaye au moins de le faire discrètement.. je te pensais plus maligne que cela..”


Ils avaient été... Espionnés ? Anastasie ne savait pas ce qu'elle devait penser de cela. Elle avait souvent entendu dire que les murs avaient des oreilles mais au sein d'un Temple ça n'avait pas tout à fait le même sens. Quelqu'un avait écouté leur conversation. Même si rien de confidentiel n'avait été dit, Ana s'en trouvait tout de même troublée. Évidemment elle n'avait rien remarqué avant le bruit qui avait trahi son auteur. Est-ce que ça voulait dire que la chose risquait de se reproduire ? Elle essaya de se dire que non: ce devait être le baron qui était visé, pas sa nouvelle prêtresse. Ou alors l'espion avait du temps à perdre.

L'espionne apparut. Anastasie regarda cette splendide demoiselle avancer. Elle ne semblait nullement gênée que le baron la surprenne ainsi, ce qui attisa encore un peu plus la curiosité d'Anastasie. Impossible cependant de poser la moindre question...

La ravissante demoiselle approcha de la table. Sa robe était magnifique et lui allait à merveille, la soie se plissant doucement lorsqu'elle marchait. La prêtresse la suivit du regard mais n'osait pas la regarder avec trop d'insistance. C'était bien la seule des deux à être gênée! La noble dame saisit le verre du baron sans rien dire et en but une gorgée.

Anastasie n'était pas choquée: il ne se passait rien de grave. Cependant, elle trouvait étrange que la demoiselle se permette tant de liberté auprès du baron sans que celui-ci ne dise rien. Elle tourna doucement la tête vers lui, cherchant à comprendre, mais elle ne dit toujours rien. Il n'y avait vraiment rien qu'elle puisse dire de pertinent. Mais cette "Rubis" ne s'était pas vraiment présentée, et ce n'était pas très poli.


“Je ne faisais que passer par là, je vais aux jardins.”


Décidemment... Anastasie ne parvenait pas du tout à comprendre ce qui pouvait animer cet étrange personnage. Elle sentait qu'il lui manquait quelque chose pour comprendre, et que ce qui se déroulait ici n'était probablement qu'entre l'espionne et le baron. Quand elle vit qu'il l'observait à nouveau, elle remarqua bien vite qu'il avait l'air presque fatigué. Comme lorsque l'on sait d'avance qu'on ne pourra pas empêcher un enfant de faire une bêtise, et que l'on ne prend plus la peine de s'énerver contre lui.

“Veuillez l’excuser, et veuillez m’excuser. Elora, ma jeune soeur, dernière membre, avec moi même, de notre lignée. Ne faites pas attention à son insolence.. elle est encore jeune et elle tient bien plus d de la fougue de mon père que de la sagesse de ma douce mère.”

Le baron sourit. Anastasie comprenait bien mieux la situation désormais, mais elle n'aurait jamais parié que ces deux personnes soient frères et soeurs. Elle fit un petit geste de la main pour signifier que ce n'était rien de grave.

 - Elle est toute pardonnée, Seigneur. Si elle avait manqué de respect à quelqu'un ici, ce ne serait pas à moi.  


Il n'était pas poli d'ignorer les invités du baron, mais Anastasie n'imaginait pas une seconde être en position de se plaindre quoi que ce soit dans cette affaire. De l'espionnage peut-être, et encore... Elle n'avait même pas imaginé rencontrer le baron en personne, de toute façon. Il lui faisait déjà bien trop d'honneurs.

“Pour revenir à notre discussion.. je suis certain que vous allez faire de votre mieux très chère, et je doute que vos confrères vous aient choisi par hasard pour accomplir cette mission. Je suis persuadé que vous saurez faire de mes terres un lieu d’accueil, de culte et de quiétude. La foi ne m’a jamais quitté, et je serais toujours avec vous pour qu’elle ne quitte personne en mon domaine. Que chacun trouve sa voie, son bonheur, que chacun trouve la justesse de leur foi, son réconfort. J’espère qu’avec une si douce prêtresse à mes côtés, je pourrais offrir à chacun ce dont il aura besoin. Encore une fois.. bienvenue à Aquila mademoiselle, vous êtes ici chez vous.”

La prêtresse avait retrouvé un teint presque normal mais ça ne dura pas longtemps du tout. Ses joues s'empourprèrent alors qu'elle  écoutait ce que le seigneur de Valacar avait à lui dire, et elle baissa les yeux comme si ça allait l'empêcher de s'en rendre compte. Il ne la connaissait pas mais il semblait apprécier sa venue, c'était tout ce qu'il fallait à Ana.
Sa voix trembla un peu sous l'effet de la gêne, et elle fixa le bras du baron tandis qu'elle lui répondait. Il serait impoli de lui répondre sans le regarder mais elle n'osait pas lui lancer un regard trop franc. Au delà de sa timidité, il était évident qu'elle était touchée par ce qu'il venait de dire.

 - Je... Je suis très émue par la haute estime que vous avez de moi, et par le chaleureux accueil que vous me faites. Je ferai de mon mieux pour que les années passées à suivre la voie de Tamas profitent à tous, et je suis heureuse de voir que nous poursuivons le même but.  

La voix de Tamas... Anastasie avait suivi une spécialisation à Nacre, pour apprendre et comprendre les secrets du corps, de la santé, de la maladie... De la mort. Elle ne savait pas tout -un être humain ne le pouvait pas- mais elle avait toujours avancé sur cette voie. Soigner comme abréger la vie, comme les deux facettes du dieu. Oh, aucune chance qu'elle empoisonne qui que ce soit ! Mais elle avait appris à offrir le don de Tamas.

Encore troublée par tout ce qui venait de se produire, entre l'arrivée de la soeur du baron et ses si gentilles paroles, Ana entreprit, enfin, de boire. Quand elle porta son verre à sa bouche, elle se rendit compte à quel point cela lui manquait. Elle dut lutter pour éviter de tout boire d'un seul coup, ce qui aurait sûrement été mal vu. Elle reposa le verre à moitié rempli sur la table, du moins c'est ce qu'elle crut faire. L'objet se renversa en direction du baron, tandis que la prêtresse se confondait en excuse avant même de savoir s'il avait réellement été éclaboussé ou si l'eau ne touchait que la table.
La fatigue l'avait gagnée, et il devenait difficile d'éviter les catastrophes, ou même simplement d'éviter les maladresses.


Re: Faire son devoir ─ Ven 1 Juin - 14:19
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“Je... Je suis très émue par la haute estime que vous avez de moi, et par le chaleureux accueil que vous me faites. Je ferai de mon mieux pour que les années passées à suivre la voie de Tamas profitent à tous, et je suis heureuse de voir que nous poursuivons le même but.”

Pourquoi cette demoiselle lui inspirait-elle tant confiance ? Le baron avait beau être un homme chaleureux, il se méfiait de tous. Il savait pertinemment qu’un fils d’une femme de Nera sur le trône d’Aquila, même porteur du nom de Valacar, restait une honte pour une grande partie de la noblesse.
Il avait beau avoir hérité du tempérament de son père, ses cheveux blonds ne cessaient de rappeler que.. de son frère et sa soeur, c’est lui qui tenait le plus de sa mère, Selena.
Il se fiait rarement aux gens, en dehors de sa soeur. Et pourtant, cette jeune prêtresse lui en inspirait beaucoup. Quand il disait qu’il pensait pouvoir accomplir de grande chose avec elle, il était sincère, et pourtant, le fait qu’il ai envie de se fier à elle si rapidement l’effrayait… Le pouvait-il vraiment ?

“Je suis ravi d’entendre tout cela, et j’espère que votre mission vous plaira. Qui plus est.. je connais le talents des disciple de Talmas pour la médecine, et j’ose espérer qu’avoir l’une d’elles à mes côtés pourra m’offrir la chance de soins efficaces.. Quel que soit ma réputation de guerrier, je n’en reste pas moins à la merci de nos dieux et des blessures. Vous savez je~....”

Alors qu’il lui parlait et que la demoiselle se décidait à se délecter de l’eau qui semblait tant lui manquer, la coupe en argent se renverse, se déversant sur la table pour finalement venir tremper la tenue de soie du baron. Se levant instantanément, celui ci saisit une serviette qu’il commence à tamponner sur la tache incolore, ne donnant que très peu de signe de colère ou de quelconque autre sentiment.

Anastasie, paniquée et maladroite commence donc à se confondre en excuse, et c’est à cet instant que le baron étire un doux sourire accompagné d’un léger rire. Il repose la serviette ayant inbibée une partie du liquide et se tourne vers sa comparse.

“Cessez de vous excuser très chère, ce n’est rien. J’ai beau être un homme du soleil.. l’eau ne me fait pas fondre ! Vous vous faites du soucis pour rien, inutile de paniquer ainsi, ce n’est rien. Vous avez fait un long voyage.. et ma négligence vous à contrainte à effectuer l’ascension de la Citadelle à pied. C’est moi qui devrait continuer à m’excuser. Je dois vous ennuyer, j’en suis navré. Vous avez sans doute besoin de repos, et je ne veux pas vous retenir. Vous êtes chez vous ici : Allez où bon vous semble et comme vous le voudrez.”


Il s’était contrôlé, et à vrai dire, cette fois ci il n’avait eu aucun mal à le faire. Ysomir était impulsif, c’était indéniable. Mais il le savait. La vie de soldat ne l’avait pas aidé à contrôler cette fougue qu’il tenait de son père, cependant, sa foi l’y avait aidé. Depuis qu’il était baron, il ne pouvait plus laisser le sang-chaud valarien s’exprimer aussi librement. Il se devait d’être autant le “Porteur de l’Aube”, que “Loup-Blanc”.

Il devait lutter constamment pour trouver l’équilibre entre ces deux facettes. De nombreuses fois, le baron calme avait implosé face à une situation qu’il ne supportait pas, parfois pour un rien. Selon le contexte, un verre renversé aurait pu le mettre en rage.. mais là, absolument pas. Au contraire, il avait trouvé la maladresse d’Anastasie presque touchante.

“Voulez vous que je vous guide à vos appartements ? Les discussions peuvent tout à fait attendre que vous soyez rafraîchie et reposée, je n’y verrais absolument aucuns inconvénients.”
Re: Faire son devoir ─ Ven 1 Juin - 17:30
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Le baron avait beau sourire ou même rire, la gêne d'Anastasie ne partirait pas comme ça. Elle ne pouvait pas s'empêcher de se demander si elle n'allait pas payer sa maladresse, ou si le baron ne faisait pas semblant de s'en moquer pour mieux lui en vouloir intérieurement. Cela ferait sans doute partie de ces moments gênants que l'on ressasse avant de dormir. Et si elle avait fait autre chose ? Si elle avait bu plus tôt ou plus tard ? Elle n'aurait jamais la réponse. Ce qui était sûr, c'était qu'elle avait renversé de l'eau sur un baron qu'elle connaissait depuis moins d'une journée. C'était loin d'être une réussite.

Debout, le seigneur de Valacar épongeait la tache pendant que la prêtresse lui demandait avec insistance de lui pardonner. Il finit par poser la serviette humide sur la table et par se tourner vers Ana. Toute la honte qu'elle ressentait se lisait clairement sur son visage, impossible de douter de la sincérité de ce sentiment quand on connaissait les misérables prestations d'actrice de la demoiselle. Peut-être qu'un jour elle réussirait à se présenter convenablement à quelqu'un, c'est-à-dire sans paniquer et sans rien casser. Elle parvenait parfois à remplir l'une des deux conditions, mais les deux à la fois... C'était tout de suite plus compliqué.

“Cessez de vous excuser très chère, ce n’est rien. J’ai beau être un homme du soleil.. l’eau ne me fait pas fondre ! Vous vous faites du soucis pour rien, inutile de paniquer ainsi, ce n’est rien. Vous avez fait un long voyage.. et ma négligence vous à contrainte à effectuer l’ascension de la Citadelle à pied. C’est moi qui devrait continuer à m’excuser. Je dois vous ennuyer, j’en suis navré. Vous avez sans doute besoin de repos, et je ne veux pas vous retenir. Vous êtes chez vous ici : Allez où bon vous semble et comme vous le voudrez.”

Le seul endroit où elle aurait voulu être c'était tout simplement "ailleurs". La discussion avec le baron ne l'ennuyait pas du tout mais il fallait avouer que ce n'était pas son fort, encore moins après ce léger incident.

 - Vous ne m'ennuyez pas du tout, Seigneur, je suis désolée de vous avoir laissé penser cela. Comme vous l'avez sans doute remarqué je ne suis pas très douée pour la conversation, je n'ai eu que peu d'occasions de m'y essayer...  Et ma maladresse n'est pas un atout.


Anastasie était douée pour parler avec un patient qu'elle devait soigner, avec un homme en proie au doute sur les dieux pour le rassurer, avec une vieille dame qui lui demanderait un service... Là où il suffisait de respect franc et d'amabilité. Là où elle n'avait pas l'impression qu'un mot de travers équivaudrait à la fin du monde. Bref, là où elle n'avait pas un personnage de la plus haute importance en face.

“Voulez vous que je vous guide à vos appartements ? Les discussions peuvent tout à fait attendre que vous soyez rafraîchie et reposée, je n’y verrais absolument aucuns inconvénients.”


Rien que pour la curiosité, Anastasie aurait répondu par l'affirmative: elle avait envie de savoir à quoi ressemblerait l'endroit où elle allait dormir. C'était important, surtout si elle restait longtemps ici comme c'était à croire. Alors vous imaginez bien que fatiguée comme elle l'était, elle n'avait aucune envie de refuser cette proposition...

 - Je ne dirais pas non, en effet...
Elle agrémenta sa réponse d'un sourire timide.

*Cela limitera les catastrophes* pensa-t-elle sans en dire un mot, mais il était évident que ça jouait pour beaucoup dans sa décision. Il y avait néanmoins encore une question de la plus haute importance qu'Anastasie n'avait pas posée.

 - S'il vous plaît, Seigneur, pourriez-vous également m'indiquer comment me rendre au Temple ?


Re: Faire son devoir ─ Sam 2 Juin - 13:24
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“Je ne dirais pas non, en effet…”

Laissant un sourire naître sur ses lèvres lorsqu’elle accepte finalement d’entendre raison, le baron se lève pour s’écarter de son siège et saisir le paquetage de son invitée. Il s'apprêtait à l’inviter à le suivre lorsqu’elle prend de nouveau la parole

“S'il vous plaît, Seigneur, pourriez-vous également m'indiquer comment me rendre au Temple ?”

Il ne s’attendait pas à cette demande, mais l’empressement dont la timide prêtresse fait preuve ne peut que le conforter dans l’idée que le clergé lui à bel et bien envoyée une demoiselle forte et profondément croyante. Sa foi est sans faille, et au delà de toute chose, elle préfère aller voir son temple quitte à mourir de soif ou de faim.
La dévotion était une qualité qu’il appréciait tout particulièrement. Qu’elle soit enver les dieux ou envers plus grand que soit, Ysomir à toujours apprécié les personnes ayant le sens du sacrifice. Une loyauté sans faille était la plus grande des qualités. Peut être bien la seule qu’il n’exige de ses sujets. Il se moquait de leur courage, de leur force, de leur intelligence. Tout cela s’apprenait, se travaillait. et chacun avait ses points forts. Mais la loyauté ne s’apprend pas, la fidélité n’est pas un concept qui s’enseigne. Cela se décide à la naissance. Nous venons au monde fidèle, dévoué et loyaux, ou nous venons au monde couard, indigne de confiance et égoïste.
Aussi prétentieux puisse être le baron selon l’instant, il connaissait ses limites, et lorsqu’il donnait sa parole et sa confiance, jamais il ne la trahissait. L’honneur et la loyauté étaient les valeurs, en tant que soldat, qu’il prônait avant toutes autres.
Voilà qu’il s’était encore égaré dans ses pensées..

“Bien évidemment très chère, qui serait pour ne point présenter son lieu de culte à l’une des futures membres de mon conseil. Permettez que je laisse votre sac, il sera porté dans vos appartements. Retournons dehors, je vais vous guider jusqu’au Grand temple.”

Lui offrant de nouveau un sourire, le baron l’invite à le suivre une fois le paquetage d’Ana ayant de nouveau rencontré le contact du sol.
Une fois sortit de la fraîcheur du hall et des couloirs du palais, la chaleur et la lumière aveuglante les saisit de nouveau, les accablant sous le poids de l’astre solaire qui ne semble pas prêt de se coucher..
Se couchait-il seulement dans ces terres du sud ? Anastasie était bien en droit de se le demander tant les rayons semblaient inébranlables. Ne souhaitant pas trop exposer la demoiselle fati guée au soleil, il la guide en silence le long du chemin pavé faisant le tour du palais. Ils passent de nouveau devant la caserne, où deux gardes de l’Aube quittent leur heaume, révélant une chevelure trempée de sueur. Il longe les petits jardins verts de la citadelle intérieure, séparés des grand jardins luxuriant par la muraille intermédiaire, jusqu’à déboucher vers un petit croisement. A gauche, au loin, le cercle entourés de buissons taillés, où les deux comparses s’étaient rencontrés un peu plus tôt. Et sur leur droite.. le grand temple d’Aquila.

“Très chère demoiselle, bienvenue en votre demeure. Le grand temple d’Aquila. Il est à vous, il est à notre foi.”
Re: Faire son devoir ─ Dim 3 Juin - 17:26
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“Bien évidemment très chère, qui serait pour ne point présenter son lieu de culte à l’une des futures membres de mon conseil. Permettez que je laisse votre sac, il sera porté dans vos appartements. Retournons dehors, je vais vous guider jusqu’au Grand temple.”

Anastasie ne voyait pas de raison de s'opposer à ce plan. Elle ne craignait pas qu'on lui vole quoi que ce soit, déjà parce que ses affaires n'avaient pas grande valeur mais surtout parce qu'elle était au service du baron de Valacar. Qui s'amuserait à voler sa prêtresse?

En revanche elle était moyennement ravie de retourner à l'extérieur étant donné que le soleil ne devait pas avoir faibli, mais l'idée de visiter le temple la mettait en joie. Elle avait pu en voir beaucoup lors de son voyage, mais maintenant qu'elle avait vu l'architecture particulière des bâtiments d'ici elle mourrait d'envie de voir ce qu'ils avaient construit en l'honneur du Trimurti. Elle savait également d'avance qu'elle y passerait beaucoup de temps...

Comme le baron était déjà debout, Ana se releva bien vite et marcha à sa suite. Même si la prêtresse avait conscience du bonheur que c'était de marcher à l'ombre des couloirs frais elle fut surprise par la chaleur en arrivant dehors. Elle dut se cacher un peu les yeux le temps de s'habituer à nouveau à la lumière contre les murs blancs. Quelle idée, ce blanc... C'était très beau, évidemment, mais il était difficile de s'y habituer en moins d'une journée. Enfin, son guide la fit marcher sur une petite route pavée que la prêtresse pensait avoir déjà empruntée en arrivant jusqu'au palais. Ou peut-être était-ce une autre? En tout cas elle visitait le périmètre et l'avantage était qu'elle pouvait observer les lieux sous un nouvel angle. Elle aperçut à nouveau des jardins, les murailles... Aquila lui donnait l'image d'un endroit très tranquille et très paisible... Du moins vu d'ici. Elle se rappela bien vite de l'agitation du port et nuança sa pensée.

Heureusement, le temple était vraiment proche du palais- du moins quand on avait pris la peine de monter à pied depuis le bas de la ville, cela semblait être la porte à côté. C'était un bâtiment imposant dont le sommet dépassait largement le reste, et qui était du même blanc que le reste des constructions. La porte était massive, et son bois était sculpté pour représenter des scènes des textes sacrés, les différents cycles s'y succédant. Anastasie monta les quelques marches qui permettaient d'y accéder.

“Très chère demoiselle, bienvenue en votre demeure. Le grand temple d’Aquila. Il est à vous, il est à notre foi.”

- Il est magnifique
, dit-elle en approchant de la porte entrouverte.

Elle prit un moment pour observer en détail ce qui y était sculpté avant de se glisser à l'intérieur et de faire le signe du Trimurti en fermant les yeux. Quelques ouvertures laissaient passer la lumière mais il y faisait frais, probablement grâce à l'épaisseur des murs. L'ambiance y était douce, le temple était particulièrement lumineux. Au mur, la prêtresse aperçut des tentures représentant les dieux dans différentes alcôves.

En entendant les pas de la prêtresse résonner dans l'édifice, deux jeunes demoiselles assises sur des bancs se retournèrent et cessèrent un instant leurs bavardages. Alors que la prêtresse avançait lentement à travers le temple baigné de lumière, les deux jeunes filles parurent l'observer de haut en bas. Si elles voulaient être discrètes c'était raté mais Ana ne leur adressa qu'un sourire. Elle se retourna, et s'approcha à nouveau du baron. Il était difficile de s'arracher à la contemplation du temple mais elle était des plus enthousiastes suite à cette découverte et elle souhaitait le partager. Ensuite il pourrait sans doute lui montrer "ses appartements". Cette expression faisait sourire Ana, qui se contentrait très bien d'un cagibi. Elle reviendrait prier plus tard, pour ne pas retenir inutilement le seigneur des lieux.

- C'est vraiment magnifique!
Lui répéta-t-elle avec un énorme sourire. C'est un lieu de prière idéal, lumineux, calme...

Elle ouvrit la bouche mais ne dit rien de plus: elle ne savait pas comment tourner les compliments qui lui venaient à l'esprit. Son visage laissait de toute façon transparaître ce qu'elle pensait de l'endroit. Et les deux demoiselles, sur leur banc, reprirent leurs bavardages comme si elles étaient seules.


Re: Faire son devoir ─
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